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L'histoire des War Walkers

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1ere Partie : La Guerre Infinie

Notre histoire en Video (1ere Partie)

Dans les armées des trois camps circule une étrange rumeur, qui a pris des ampleurs de légende pour certains, d’affabulations pour d’autres, ou pour d’autre encore, d’espoir de voir la fin de la guerre infinie.

On raconte qu’il y a trois cent ans environ, un système planétaire de viable aurait été découvert aux proches abords de la zone de quarantaine. Cette zone étant un mystère pour les trois camps, ils avaient tous un intérêt à s’établir sur ce système et sa planète viable.

De toutes les zones explorées de la galaxie, cette zone était en effet la plus étrange. On n’avait depuis longtemps renoncé à compter le nombre d’expéditions que l’ancien Empire de la Terre y avait perdu. C’était un obstacle entre les zones contrôlées par l’UEF et les 14 systèmes aux mains des Aeons. Un obstacle qui protégeait les Aeons, mais qui en même temps restreignait complètement leur champ d’action dans la guerre. Il ne leur était pas envisageable de faire passer leurs tunnels quantiques à travers cette zone dans la situation actuelle ; cela pourrait être synonyme de pertes énormes qui les conduiraient à la défaite. Le cas était identique pour l’UEF.

Les Cybrans quant à eux n’étaient pas vraiment intéressés en premier lieu par cette zone. Mais l’annonce faite par des expéditions d’exploration des territoires neutres de la découverte d’une planète viable en bordure de cette zone ne les avait pas laissés indifférents. C’était là une bonne occasion de faire pression sur les Aeons en installant un poste avancé Cybran près de leur zone. Et avec un peu de chance, ils pourraient y découvrir l’origine des mystères de cette zone, et les exploiter à leurs comptes pour la guerre.

Les deux autres camps eurent tôt fait d’établir un raisonnement identique. Vu l’importance de cette position, ils envoyèrent chacun deux commander prendre possession de la planète viable ; temporairement nommée QZ-1-4589-7455.

Ironie du sort, les six commanders arrivèrent quasiment simultanément sur la planète. Ils se développèrent dans un premier temps sans savoir que la planète était aussi occupée par l’ennemi. Mais dès que les uns eurent découvert la position des autres, ce fût la guerre.

Cependant, des phénomènes étranges se produisirent lors des premières escarmouches. L’intensité lumineuse de l’étoile du système se mit à varier aléatoirement, et le climat semblât se dérégler complètement. La planète connu des phénomènes totalement inconnus ; provoquant l’arrêt net des machineries des commanders et des synthétiseurs de masse. De gigantesques tempêtes semblaient avoir lieu à la frontière de l’espace ; des tempêtes faites de nuages verdâtres et d’éclairs noirs. Cependant, aucune précipitation ne tombait au sol, et la foudre noire avait une durée de vie anormalement longue. De plus, celle-ci se dirigeait systématiquement, malgré l’altitude des tempêtes, au sol lorsque l’un des camps faisait sortit des troupes de sa base protégée par des boucliers en vue d’une attaque. Et les unités malchanceuses disparaissaient sans aucune explication au contact de cette foudre, dans un bruit étrange.

Leur production tournant à régime réduit et obligés d’attendre que cette tempête générale passe, les trois camps se fortifièrent. Il y eu des accalmies durant lesquelles des attaques furent menées. Mais elles duraient une semaine terrestre au maximum, et dès lors la tempête repartait pour au moins trois autres semaines, et les camps se fortifiaient à nouveau. Si bien qu’aucun d’entre eux ne fut en mesure de prendre les autres au bout du compte.

La situation se stabilisa, et malgré la présence des camps ennemis, chacun commença à travailler sur la zone de quarantaine, tout en maintenant la pression sur les adversaires en envoyant régulièrement des attaques suicides, ou des ogives nucléaires quand leur production le leur permettait, qui de toutes façon étaient systématiquement détruites par les contre-mesures.

Mais cet état de grâce ne dura pas longtemps. Les portails quantiques qui les liaient à leurs mondes commençaient à donner des signes inquiétants de ratées. Les communications se faisaient de plus en plus difficiles avec leurs camps. Ces difficultés semblaient proportionnelles à l’intensification de ces tempêtes d’altitude et à la réduction des périodes d’accalmies.

Un jour, les portails quantiques cessèrent définitivement de fonctionner sans aucune explication. Coupés de leurs mondes d’origines, les trois camps attendirent l’arrivée de l’aide d’une flotte spatiale. Après cinq ans d’attente sans rien à signaler, les pilotes des commander conclurent qu’ils avaient été abandonnés par leurs camps.

Les tempêtes avaient atteint une telle ampleur que désormais elles couvraient en permanence la surface de la planète ; où toute forme de vie visible avait disparu. Les êtres qui en avaient la capacité s’étaient réfugiés dans les profondeurs du sol.

Leur puissance menaçait directement les trois camps, qui voyaient leurs boucliers faiblir de jour en jours.

Face à cette situation critique, les camps prirent conscience qu’ils devraient s’associer afin de pouvoir survivre. Ils savaient tous que les autres avaient appris un certain nombre de choses à propos de ces tempêtes et des variations anormales de la lumière. Leur dernière chance était de mettre ces connaissances en commun afin de trouver une parade efficace.

Au début, le dialogue fut difficile. Ils ne cessaient de mettre en avant leurs différents et leurs principes. Au nom de ces derniers, chacun s’estimait légitime de prendre la tête de cette alliance.

Mais des concessions furent rapidement faites devant l’impératif de la situation, et surtout à cause du sentiment d’abandon qu’il régnait chez eux. Il était difficile de leur demander de soutenir encore les idées de leurs camps quand ceux-ci les avaient probablement laissé sur place sans aucune chance de survie.

Un accord fut trouvé quatre jours seulement après le début des négociations. Le jour suivant, les unités de recherches des trois camps se connectaient entre elles et mirent à profit leur énorme puissance de calcul commune pour trouver une solution.

Trois jours plus tard, les ordinateurs avaient trouvé une parade sous la forme d’un bouclier spécial exploitant l’énergie étrange dont était formée ces éclairs noirs.

Ils découvrirent également la nature de la zone de quarantaine. Et que le système où ils étaient installés avait été visiblement engloutit par la constituante majeure de cette zone : une matière étrange que l’on appelait matière noire, présente en concentration anormale dans cette zone. C’était la source de tous leurs problèmes.

En plus d’avoir trouvé une parade, ils avaient également trouvé le moyen de naviguer à travers cette zone sans risques. Ils entreprirent donc de l’explorer, et trouvèrent des descendants des survivants des premières expéditions, qui se joignirent à eux, trop heureux de retrouver la technologie avancée de leurs ancêtres.

Ils envoyèrent également des messages aux trois grandes factions, leur annonçant leur union. Et ironie du sort, la réaction des trois camps fut pour une fois unanime : ils déclarèrent ce groupe comme étant des traîtres à éliminer. Une telle union mettait à mal les idéaux de chacun sur lesquels étaient fondés cette guerre, elle ne pouvait tout simplement pas exister.

Les commanders furent définitivement écoeurés de leurs gouvernements respectifs ; qui en plus de les avoir abandonnés, leur refusaient une ouverture vers la paix qu’ils avaient découverte involontairement, dos à la rivière. Ils proclamèrent leur autonomie et commencèrent à coloniser les mondes de la zone de quarantaine. Il leur fallait néanmoins subir les assauts occasionnels des trois factions lorsque leur planète mère se dégageait temporairement de l’influence de la matière noire. Mais au bout d’une trentaine d’année, le système fut définitivement engloutit dans la zone.

Ils baptisèrent leur planète mère « Hope » signifiant Espoir en anglais. Toute la population survivante de la zone de quarantaine fut rapatriée sur ce monde, le mieux équipé pour résister aux conditions particulières.

Pour vivre néanmoins, il fallais régulièrement organiser des expéditions militaires dans les territoires neutres ou bien chez l’une des trois grandes factions, afin de se procurer des ressources qu’ils n’avaient pas encore pu découvrir ou exploiter dans la zone de quarantaine. Il n’était pas rare de voir ces expéditions croiser des troupes adverses et déclencher le combat. La plupart du temps, il passaient simplement au loin d’une énième bataille spatiale ou planétaire. De ces actions sont venue le nom de ce regroupement pour le moins inattendu. Ils avançaient à travers les territoires des trois factions en proie à la guerre pour leur survie. On les nomma donc les « War Walkers », ceux qui marchent à travers la guerre.

Leur dicton était simple : Nous sommes en marche. Et au nom de leur survie, quiconque se dressait sur leur chemin ne devait pas s’attendre à l’indulgence de leur part.

2e Partie : Forged Alliance

Les lourdes portes du hangar d’accueil s’ouvrirent sous les hurlements des alarmes. Dehors, la quasi-obscurité englobait la surface de Hope ; on pouvait à peine voir le ciel couvert de nuages verdâtres, qui parfois s’éclaircissait à la faveur d’un éclair.

La seule chose qui était nettement visible, c’était les deux paires d’yeux rouges progressant vers les portes.

Après quelques secondes, une silhouette se détacha sur cette vue : celle d’une unité de commandement blindée de type Cybran. Le géant de métal semblait avancer d’un pas calme, sous bonne escorte. Une petite dizaine d’unités anti-aériennes terrestres l’accompagnaient vers l’entrée du hangar.

Une jeune femme se tenait sur une passerelle, contemplant la scène d’un air neutre. A en juger par ses long cheveux gris, sa tenue verte et blanche et les bandes argentées semblant incrustées sur son visage, il s’agissait d’un officier type Aeon.

Elle assistât à l’entrée du titan aux yeux rouges, qui alla se coller à une baie d’embarquement. Puis elle se dirigea vers ladite baie alors que les portes de la base se refermaient dans un lourd fracas métallique.

De la tête du commandeur, sorti le pilote, un jeune homme aux cheveux châtain coiffés en pétard, doté de quelques rares tracés de circuits électroniques à peine visibles sur son front, attestant de son statut de Cybran. Ou de symbiote, selon les préférences.

« Vous m’avez fait attendre, Commandeur Yvan. »

Le jeune homme sursauta, et se retourna vers l’auteur de ses paroles.

« Woah, Sfagn ! Bon sang, si tu pouvais arrêter de me surprendre comme ça en permanence… » dit il à la jeune femme Aeon.

« Parce que ça te déplait peut-être ? » répondit-elle avec un léger sourire.

Il lui rendit son sourire. « Oui et non… J’ai horreur de ça mais d’un autre coté je suis ravi que ce soit toi qui le fasse… » Il reprit un air plus sérieux : « Par contre je pensais que ce serai moi qui t’accueillerai lors de ta rentrée de mission, la tienne était sensé durer plus longtemps que la mienne, non ? »

« C’était le cas. Mais on a eu un imprévu en cours de route »

« Quel genre ? »

Ils se dirigèrent vers les quartiers des officiers tout en continuant à discuter.

« Du genre « grosse prise inattendue à ramener d’urgence à la base centrale » ».

« C'est-à-dire ? »

« Surprise » répondit Sfagn en jetant un regard volontairement énigmatique à son compagnon.

« J’ai droit à un indice pour deviner ? » fit Yvan, entrant dans le jeu.

« Négatif. »

Le Cybran mima avec exagération la déception « Tu es bien dure avec ton petit ami… »

* * *

Le Général Gordon était dans son bureau, re-lisant avec attention les dernières lignes du rapport de la mission ayant ramené la « surprise » sur Hope. A coté se trouvait une missive officielle des dirigeants des War Walkers, délégant au général le pouvoir de mener à bien les projets concernant cette trouvaille. L’un d’entre eux semblait être une mission sur mesure pour cet ancien haut gradé Fédéral spécialisé dans le renseignement.

Il poussa un léger soupir résigné. Il n’aimait pas particulièrement devoir faire ça, mais au vu de la situation actuelle, c’était plus que nécessaire.

« Même les aliens sont aussi pourris que les humains… » dit-il en se levant nonchalamment de son fauteuil.

A 50 ans passés, cet homme était désabusé sur sa propre condition depuis que le gouvernement auquel il avait juré fidélité avait ordonné une attaque sur une ville soupçonnée de soutenir les Cybrans. Ville dans laquelle séjournaient sa femme et sa fille unique, complètement étrangères à ce fait. Ville qui avait été réduite en poussière radioactive avec la bénédiction du Président Rilley.

C’était il y a dix ans. Il avait depuis croisé la route de ces rebelles des trois factions qui plaidaient pour la paix entre eux, et la séparation totale de leurs patries qui ne rêvaient que de s’anéantir.

Aujourd’hui il était à la tête de la base UEF de la planète mère des WW ; celle qui fut autrefois le siège des deux commandeurs Fédéraux venus pour annexer cette planète, et qui s’étaient retrouvés nez à nez avec un couple de commandeurs Aeon et Cybran. C’était ici qu’étaient centralisées les forces spatiales des WW et qu’étaient organisés les expéditions vers d’autres planètes. La base Cybran abritait pour sa part l’essentiel de la force de frappe et des infrastructures pour les entretenir, tandis que la base Aeon servait de centre de recherche.

Le général parcouru quelques minutes les méandres de la base avant d’arriver devant une porte blindée gardée par deux plantons.

« Général. » fit l’un d’eux tandis qu’ils se mettaient au garde-à-vous.

« Rien à signaler depuis qu’il est entré ici ? » demanda l’officier suppérieur

« Rien, répondit le second, notre hôte est d’un mutisme saisissant. »

« Les commandants Yvan et Sfagn sont à l’intérieur, Général, précisa le premier en ouvrant l’accès, nous ne leur avons pas donné l’accès à la salle d’interrogatoire cependant, ils sont juste venu voir le prisonnier. »

« Très bien. »

Un souci de moins, pensa l’ex officier UEF ; il y aura un officier de chaque faction témoin de l’acquisition des WW, ce qui lui éviterait d’aller à en chercher dans les autres centres militaires.

* * *

Yvan regardait attentivement l’être qui se trouvait de l’autre côté de la vitre blindée. Il avait l’air vaguement humanoïde, semblait avoir des plaques de métal incrustées sur ce qui lui tenait lieu de visage et avait l’air blessé, à en croire les bandages qui recouvraient certaines parties de son corps.

L’être était assis à une table trônant au milieu de la pièce visible à travers la vitre, solidement attaché sur sa chaise ; et malgré cette position inconfortable, il semblait somnoler.

« Un Séraphim ? » demanda Yvan.

« Tout juste, répondit Sfagn, il s’agit du seul survivant du groupe que nous avons croisé lors de notre mission de ravitaillement, le reste ayant payé très cher l’attaque qu’il ont lancé sur nos vaisseaux. »

« Eh ben… vous n’y allez pas de main morte quand il s’agit de « purifier » nos ennemis… »

« Ce n’est pas ça… répondit Sfagn en levant les yeux au ciel, si tu avais été avec nous au milieu de cette je te garanti que tu aurai abandonné depuis longtemps tes tactiques de fourbe pour tirer sur tout ce qui bouge avec le plus gros calibre disponible.

Le pire c’est qu’ils se sont jetés sur nous alors qu’ils étaient en infériorité numérique... Dire que je ne pensait pas qu’il pouvait y avoir plus fanatique que mes anciens supérieurs… »

« C’est l’hôpital qui se fout de la charité là, non ? » fit Yvan avec un air amusé.

« S’il te plait, répondit Sfagn avec un air vaguement menaçant, tu sais bien que j’ai horreur d’être comparée à ces fous qui « purifient » tout sur leur passage. Je te suggère fortement de trouver d’autres plaisanteries à l’avenir. »

« Je rejoins votre compagne, Commandeur Yvan, raviver volontairement les plaies du passé est le meilleur moyen de se mettre à dos les gens »

Les deux commandants oublièrent leur conversation pour saluer l’officier supérieur en uniforme bleu gris couvert de galons qui venait d’entrer dans le couloir.

« Mes respects Général. Et ne vous en faites pas trop pour ça, elle me rend aisément la pareille à chaque fois que l’occasion se présente. »

« Dis tout de suite que je te martyrise. » fit Sfagn en levant les yeux au ciel.

Le Général Gordon se racla la gorge, faisant taire définitivement les deux autres officiers. La jeunesse, vraiment… Mais valait mieux aborder l’avenir de leur point de vue que du sien.

Il rajusta sa vielle casquette de Haut gradé UEF sur son crâne.

« J’ai besoin de vous pour aller parler à notre ami ici présent, déclara Gordon en désignant d’un coup de menton le Séraphim dans sa cage de verre, suivez-moi. »

« Que devons-nous faire ? » demanda Yvan.

« Simplement servir de témoin pour vos parties respectives ».

Sans un mot de plus, ils entrèrent dans la pièce.

L’être sembla s’éveiller à leur entrée, et se contenta de les observer d’un air indifférent, presque hautain. Sa peau semblait huileuse, aucun nez n’était apparent sur son visage et ses yeux globuleux dorés dotés d’iris noirs ne lui donnaient pas un air des plus sympathiques…

Le général le salua, s’assit en face de lui et commença à lui expliquer la raison de sa présence ici et de celle de leur venue. L’être sembla écouter, mais resta muet. Les deux autres gradés se demandaient même s’il comprenait réellement leur langue, mais préférèrent ne pas remettre en question leur supérieur.

Néanmoins après plusieurs minutes de silence, quelques fois interrompues par le général tentant de relancer l’extraterrestre, Yvan cru bon d’intervenir :

« Je ne pense pas qu’on en tirera quoique ce soit comme ça, Général… Soit il ne nous comprend pas soit il est buté. »

« Je vous assure qu’il est parfaitement capable de nous comprendre, et de nous répondre. »

« Je n’ai rien à dire, particulièrement aux bêtes gens de votre race. »

Tous furent surpris. Le captif venait de parler.

« Pardon ? » fit Yvan à la créature. Il n’avait pas l’air d’avoir apprécié : « Ce n’est pas le genre de chose qu’un prisonnier peu se permettre de dire. Et le plus bête ici est visiblement celui qui s’est fait prendre. »

« Les gens de votre race ont pourtant été assez bête pour nous ouvrir une porte vers votre monde ; particulièrement ceux qui s’amusent à se greffer des calculateurs dans le cerveau… »

Sfagn frissonna. Il faisait évidemment référence aux pièces d’ordinateur quantique récupérées de force dans des sanctuaires Aeon par les Cybran, afin d’augmenter les capacités de leurs intelligence artificielle centrale, QAI. Ce faisant les Séraphims avaient réussi à entrer en contact avec l’IA depuis leurs dimension, et la suite… Tout le monde la connaissait.

« …Leur amour de la supériorité de pensée a conduit tout droit à la perte de vous autres. C’est un concept qui nous échappe cela, le plaisir de faire greff… »

Un cri rauque étouffé suivit directement la réplique inachevée du Séraphim, qui se retrouvait soudainement avec la gorge enserrée dans la main du commandeur Cybran.

« Un plaisir face de morue ? Est-ce que t’as la moindre idée de ce que ça peut faire de… »

Une main se posa sur l’épaule d’Yvan.

« Arrête, ça ne sert à rien. Perdre ton calme est le meilleur moyen de lui donner raison. Nous n’avons rien à voir avec eux et tu le sais. » lui expliqua calmement Sfagn.

« Ca j’en ai rien à foutre, je le sais comme tu dis ; mais qu’il dise qu’on prenne plaisir a avoir un de coprossesseur dans le crâne... »

« Commandeur Yvan, s’il vous plait. »

Le ton du Général était la fois clame et autoritaire. Le jeune homme considéra encore un bref instant la chose qui faisait de son mieux pour respirer tandis qu’il l’étranglait, avant de la relâcher et d’aller s’adosser au mur en fulminant.

Sfagn considéra son petit ami du coin de l’œil. Elle s’était sentie obligée d’intervenir mais ne lui en voulais pas vraiment ; il était de ceux parmi les Cybrans qui furent des Symbiotes au service de l’armée Fédérale, et avait gardé une collections de souvenir douloureux de son enfance ; passée à tenter de supporter son IA interne que son organisme rejetait tandis que l’armée UEF le tuait à la tâche. Pas de très beaux souvenirs… Il lui avait fallu attendre sa libération par ses frères pour trouver un remède à ses souffrances. Et la rencontre avec les WW pour s’apercevoir de la stupidité de cette guerre infinie.

« Essaie de te souvenir des notions de la Voie que je tente de t’inculquer dans des moments pareils, ça t’aidera à maîtriser ta colère. »

« Je sais… » Il semblait perdu dans le vague.

« Fu. La Voie ? Votre version n’est qu’une piètre imitation, quand elle n’est pas une justification à tous vos actes barbares, vous qui vous dites garants de nos philosophies… »

Sfagn fronça les sourcils en se tournant vers le Séraphim. Il avait l’air d’apprécier la provocation…

« …Les « Aeons » c’est ça ? Vous ne valez guère mieux que le reste ; vous vous êtes servi de la voie pour justifier l’extermination de vos semblables. »

« Je n’ai plus rien à voir avec eux. »

« Vous arborez encore leurs symboles pourtant. »

« Ce sont ceux de la Voie, non de celle qu’ils croient avoir trouvé qui n’est qu’une projection divinisée de leur soif de pouvoir. »

« Et en quoi cela vous différencie ? Qui me dit que vous n’êtes pas comme ceux qui veulent nous rejoindre ? Eux aussi se disent « différents » et… »

Un poing ganté de vert et de blanc entra violemment en contact avec la joue du Seraphim, qui émit un cri de douleur rauque.

« Je croyais que c’était interdit par la Voie. » fit remarquer Yvan, amusé par la scène.

« Je sais… répondit Sfagn en se massant le poing, affichant un air à mi chemin entre la colère et la honte. Mais je n’ai pas pu m’en empêcher. »

L’extraterrestre, de son côté, cracha discrètement quelques-unes de ses minuscules dents coniques.

« Je vous prierai de vous retirer, demanda en soupirant le général à ses subordonnés, vous aller finir par me l’abîmer pour de bon si vous continuez. Vous avez vu tout ce qu’il vous était nécessaire de voir. »

Une fois les Commandeurs partit, il soupira de nouveau et reporta son attention sur le captif :

« Bon. Je suppose au vu de votre attitude que vous refusez de coopérer. »

Pas de réponse.

« Savez-vous quel est le plus gros point faible d’un Commandeur ? » lui demanda-t-il en se levant de la table pour aller chercher une mallette noire posée dans un coin de la pièce.

« Son interface homme-machine intégrée… Enfin, être-machine en ce qui vous concerne, poursuivit-il. Il s’agit d’un outil indispensable et dont l’efficacité n’est plus à prouver pour piloter les unités de commandements.

Mais posséder des liaisons directes avec le cerveau n’a pas que des avantages… »

« Vous espérez vous livrer à des tortures barbares par cette voie ? Vous n’en tirerez rien. »

« Allons allons, nous ne sommes pas barbares à ce point, pondéra le général en posant la mallette sur la table et en se rasseyant avant de l’ouvrir, je vous accorde volontiers que nous sommes loin d’être des enfants de chœurs, mais je ne pense pas que vous soyez vraiment en mesure de nous critiquer sur ce point, au vu de vos actions… »

« Je n’ai pas à me justifier devant vous. »

« Revenons à cette fameuse interface, voulez-vous ? Au cas où vous ne le sauriez pas, il est strictement inutile de torturer les commandeurs de manière aisée par ce moyen, car avec le bon matériel et un peu d’expérience, on peut arriver à extraire du cerveau du pilote toutes les informations que l’on veut. Et ce sans la moindre douleur. »

Pour la première fois, le Séraphim perdit un peu de sa suffisance, tandis que le général sortait de la mallette le matériel qui lui permettrait de se connecter à l’interface dudit Séraphim.

« Une faction de militaires du XXème siècle avait une expression que je trouve très appropriée pour les commandeurs prisonniers dans votre genre : Nous avons les moyens de vous faire parler. » conclu Gordon en lâchant un léger sourire.

* * *

Yvan lâcha un sifflement d’admiration.

« Tu parles d’une belle prise ! Ca va te valoir une sacrée promotion ça ! »

En face de lui se tenait un géant en armure aux reflets dorés semblant avoir la tête soudée à son tronc, deux énormes proéminences sur ses épaules et des jambes ressemblant vaguement à des pattes de poulet.

La proéminence sur l’épaule droite avait visiblement encaissé un tir direct d’arme laser de forte puissance, et les multiples impacts présents un peu partout sur son corps indiquaient qu’il avait passé un mauvais quart d’heure avant d’échouer ici, dans ce hangar hautement sécurisé de la base, où une nuée de techniciens et d’ingénieurs s’affairaient dessus ; réparant, analysant ou démontant avec une motivation faisant plaisir à voir.

Yvan et Sfagn observaient ce spectacle depuis une passerelle située en face du géant à mi-hauteur de celui-ci.

« Tu aurai du m’emmener directement ici au lieu de me traîner près de ce gros con d’alien » ajouta joyeusement le jeune homme.

« L’un n’allait pas sans l’autre, puisque ce « gros con » en est le pilote… Enfin, en était. »

« L’unité d’ingénierie n’est pas trop endommagée au moins ? »

« Intacte, et possédant en mémoire l’ensemble de l’arsenal Séraphim à en croire les premières an... »

La jeune femme n’eu pas le temps d’achever sa phrase, car les lèvres de son amant avaient recouvertes les siennes, à sa grande surprise. Elle se laissa néanmoins faire une fois la surprise passée.

« Tu aurai pu attendre qu’on soit seuls. » dit-elle en rompant le baiser, légèrement gênée.

« Tu rigoles j’espère ? Rétorqua-t-il encore plus joyeux, tu nous ramènes un sérieux moyen de leur botter le cul, avec leurs propres armes en plus, et il faudrait que je sois radin avec toi ? »

« Arrête. » elle s’écarta de lui, ne sachant plus trop où se mettre.

Yvan sourit. Elle avait beau être un Commandeur et une guerrière endurcie, elle avait toujours éprouvé de grandes difficultés en ce qui concernait des domaines plus intimes… A ses yeux, c’était ce qui faisait une partie de son charme.

« D’accord, on attendra d’être dans nos quartiers. » Concéda-t-il néanmoins. C’était mignon mais il n’aimait pas trop insister non plus.

Il changea de sujet : « Au fait ; avec une telle prise, il serai peut-être temps pour nos dirigeants d’adopter une position claire dans cette nouvelle guerre contre les faces de poisson, non ? »

« Ils l’ont récemment fait, répondit Sfagn, retrouvant rapidement sa constance militaire, l’alliance sollicitée par les survivants a été rejetée ; ils ont estimé qu’on avait les moyens de se défendre nous même. Néanmoins, ils se sont engagés à rester dorénavant neutre vis-à-vis de l’alliance qui s’est récemment formée entre les trois factions. Concernant les Séraphims, la guerre contre eux a été officialisée pour nous. Nous limiterons cependant nos actions aux mondes nous concernant, rien de plus. La porte reste ouverte à d’autres négociations en fonction de l’évolution de la situation. »

Yvan fit la moue. « En gros on a le cul entre deux chaises… j’aime pas trop ça. »

« C’est vrai. Mais je crois que cette position a le mérite de refléter nos valeurs : ne plus faire confiance a nos anciennes patries et vivre par nous même pour nous même… »

« Pas faux. »

Ils se tournèrent presque en même temps vers le Commandeur Séraphim qui était devenu propriété des WW.

« Et pour ça ? » demanda Yvan à sa compagne en désignant l’objet de leur attention d’un coup de menton.

« Analyse, sauvegarde et duplication à la chaîne, résuma-t-elle, l’interface ressemble fortement a celles que l’on trouve sur les unité de Commander de type Aeon comme la mienne ; on ne devrait pas trop avoir de difficultés à faire en sorte qu’un humain puisse diriger une unité de commandement Séraphim. »

Yvan afficha un sourire sadique qui lui dévorait presque tout le visage.

« Des humains, WW en plus, aux commandes de commanders Seraphim… Ca a de la gueule. »

Modifié par Quezalcoalt

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Invité Game Plus

J'VEUX LA SUITEUUUUUUH ! :lol:

C'est vraiment très bien écrit ! Bien joué. Quelques fautes, mais bien écrit.

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