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  • Socros

    Réorganisation (suite) et groupe Steam

    Par Socros

    Bonsoir à tous,   Je reviens vers vous suite au sondage proposé la semaine dernière sur notre forum (nous remercions tous les participants). Comme vous l'avez remarqué, une majorité est pour une réorganisation du forum. Toutefois, le résultat pour la façon de réorganiser est de 50/50. Nous avons discuter ce week end et nous pensons que la proposition de Mouchi serait un bon compromis. Je vais donc travailler sur une modification de mêlant de façon pratique Genre et Univers. Je vais travailler dans un premier temps, sur un forum privé pour tester tout çà. 
    La réorganisation sera effective durant l'Automne.

    J'ai par contre légèrement modifié le forum Questions et réponses sur le réseau et les sites JS. A partir de maintenant, ce forum sera nommé simplement, la Vie du Réseau. N'hésitez pas à l'utiliser si vous avez des idées, projets ou simplement des interrogations sur le Réseau Gamers & Stratégie.   Sinon petite nouveauté, j'ai intégré en page d'accueil du forum, un petit outil affichant notre groupe Steam, vous pouvez retrouver facilement des membres du forums jouant sur Steam et rejoindre rapidement une partie.   Merci encore pour votre soutient et votre présence tous les jours.
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  1. Bonsoir à tous,

     

    Je reviens vers vous suite au sondage proposé la semaine dernière sur notre forum (nous remercions tous les participants). Comme vous l'avez remarqué, une majorité est pour une réorganisation du forum. Toutefois, le résultat pour la façon de réorganiser est de 50/50. Nous avons discuter ce week end et nous pensons que la proposition de Mouchi serait un bon compromis. Je vais donc travailler sur une modification de mêlant de façon pratique Genre et Univers. Je vais travailler dans un premier temps, sur un forum privé pour tester tout çà. 
    La réorganisation sera effective durant l'Automne.

    J'ai par contre légèrement modifié le forum Questions et réponses sur le réseau et les sites JS. A partir de maintenant, ce forum sera nommé simplement, la Vie du Réseau. N'hésitez pas à l'utiliser si vous avez des idées, projets ou simplement des interrogations sur le Réseau Gamers & Stratégie.

     

    Sinon petite nouveauté, j'ai intégré en page d'accueil du forum, un petit outil affichant notre groupe Steam, vous pouvez retrouver facilement des membres du forums jouant sur Steam et rejoindre rapidement une partie.

     

    Merci encore pour votre soutient et votre présence tous les jours.

  2. Loup
    Dernier billet

    Par Loup,

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    Après deux années de développement et quasiment une soixantaine de carnets, Hearts of Iron IV, successeur des trois précédents jeux de l'opus de Paradox Development Studio dédié à la deuxième guerre mondiale est sorti. Le jeu est disponible sur la plateforme Steam et fonctionne sur les systèmes Windows, Mac et Linux.

     

    Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de profiter des offres de précommandes, le jeu est présent dans la boutique de Gamesplanet avec une réduction de -20% pour les trois différentes versions.

     

    Voici aussi la vidéo proposée par The_Dude en avant-première avec l'Italie:

     

     

    Pour plus d'information et partager vos premières impressions, rendez-vous sur le forum!

  3. Camarades !

     

    Bienvenu au bureau de vote de votre section de démocratie prolétarienne. Ici découvrez les candidatures pour les différents ministères.

     

    Nous rappellons à tous les citoyens ((membres RGS et invités)) qu'il vous suffit de demander votre carte du parti pour qu'elle vous occtroie
    un droit de vote supplémentaire aux élections prolétariennes. Contactez Staline pour ce faire !

     

    Dans tous les cas. Tous sont invités à voter ! VOUS TROUVEREZ LES PROGRAMMES ET PROPAGANDES en commentaire de ce billet.

     

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  4. Le second moment important du wargame s'inscrit pendant la Guerre Froide, au cours de la démocratisation culturelle des wargames à partir de la fin des années 1950 et qui connaît son apogée dans les années 60/70. Là aussi les jalons essentiels sont bien identifiés.

     

    La création de la société Avalon Hill aux Etats-Unis en 1958 est un élément crucial. Elle fait passer le wargame du temps des figurines de plomb dont les déplacements s'effectuent avec une règle à celui des jeux de plateaux où l'espace est tramé. Il est significatif que c'est par les wargames d'Avalon Hill que le découpage en hexagones devient le standard qui finit par s'imposer après les premiers essais avec le quadrillage antérieur en carrés. Cette mise en espace hexagonal devient même une marque d'identification des wargames. Elle sera reprise jusqu'à aujourd'hui dans bien d'autres types de jeux. Les petits soldats sont remplacés par des marqueurs en carton, qui ne sont pas simplement des unités militaires évoluant sur une carte, mais qui servent aussi à identifier d'autres éléments de la conduite de la guerre, représentés par des tableaux complexes de résolution des opérations stratégiques globales placés le plus souvent en bordure de la carte. Les dés eux-mêmes se complexifient avec des dés à 4, 8, 10, 12 ou 20 faces .Comme ces jeux poussent très loin la simulation historique, dans une perspective stratégique militaire globale, ils deviennent parfois d'une complexité effrayante, avec des règles qui ressemblent à des livres puisque ce sont des jeux d'adultes. La création est prolifique et le succès ne se dément pas. D'autres sociétés de wargames apparaissent, notamment Simulation Publications Inc. (SPI) en 1969. Richard Berg est l'un des créateurs majeurs des wargames de cette période. Il est appelé d'ailleurs le pape des wargames tant le nombre de ses productions est impressionnant. Elles entrent en résonance avec une observation faite par Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou dans leur chapitre consacré à la littérature des uchronies que nous avons discuté précédemment lorsqu'ils constatent, à la lumière de l'ouvrage d'Eric Henriet, L'Histoire revisitée. Panorama de l'uchronie sous toutes ses formes que « les moment de prédilection (du turning point, de la bifurcation faisant passer de l'histoire réelle au contrefactuel ou à l'uchronie) sont (…) très limités » en se cantonnant à des périodes de l'histoire identifiable par les lecteurs (page 66). Il en va de même dans l'évolution des conditions du marché des wargames des années 70 où les contraintes de marketing resserrent les contextes historiques mis en wargames. C'est ce que constate Richard Berg en 1979 lorsqu'il choisit de claquer la porte de son éditeur de jeux, SPI, en écrivant un texte important dans l'une des revues de SPI, Moves.

     

    Ce texte mérite qu'on s'y arrête un peu. Il s'intitule « La malédiction des trois N ; le procès d'un concepteur de wargames enragé ». Voici la traduction de la quasi intégralité de son texte que je propose :

     



     

    Je constate une évolution dangereuse dans le wargaming, une tendance de philistins qui pousse tous les jeux dans une gamme de sujets de plus en plus étroite. C'est la Malédiction des Trois N », insidieuse. J'ai toujours préféré les jeux dont le contexte historique est antérieur au XXème siècle aux simulations de l'époque moderne. Le mot-clé, ici, est bien
    préféré
    . Je n'exclus ni ne disqualifie les jeux qui présentent la période contemporaine. J'apprécie tout ce qui est bien conçu et qui fournit des éclairages sur le sujet traité. Mais j'ai bien peur que ce ne soit pas le point de vue d'une majorité de ceux qui achètent les jeux. (…) Et pourquoi cela ? C'est parce qu'aucun de ces jeux n'a les pré-requis, le sine qua non pour son succès éditorial : ils n'ont pas l'un ou plusieurs des trois N.

     

    Les trois N : NATO (l'Otan), Nukes (l'arme nucléaire) et Nazis. Mettez l'un de ces N dans un jeu et hop ça marche. Aucune différence si le design du jeu est peu soigné ou si le scénario de jeu est si obscur (…) qu'il est impossible de comprendre qui fait quoi à qui. Et peu importe que le jeu lui-même est si abrutissant et si ennuyeux que même Robinson Crusoë s'endormirait au quatrième tour de jeu. Non. Introduisez simplement NATO, Nukes ou Nazis dans votre jeu et bingo ! Vous explosez les scores d'appréciation de votre jeu. Et si vous pouvez mettre deux de ces ingrédients dans un même jeu, vos ventes atteindront des records. Nous avons essayé de mettre les 3 N ensemble dans un jeu mais, heureusement, le mauvais goût a des limites. (Je tiens à faire remarquer que je ne tiens pas compte d'un autre domaine du gaming, la fantasy, car c'est un tout autre sujet).

     

    Et, pourriez-vous me dire, qu'est ce qui amène cette sorte d'amertume dans la gorge ? C'est qu'en dépit des meilleures intentions du monde, le wargaming est devenu comme la télé un grand terrain vague, réduit au plus petit dénominateur commun, avec des productions qui ne tournent qu'autour d'une idée éculée plutôt que d'essayer, pour une fois, de réussir quelque chose de plus grand que des inepties. ( …) Le problème est que presque tous les jeux traitant du XXème siècle sont accueillis avec des alléluias qu'ils soient bons ou non. Il y a des gens qui nous ont écrit pour nous dire qu'ils préféreraient des jeux médiocres sur la Seconde Guerre Mondiale plutôt que de supporter des sujets comme la Guerre de Trente Ans (...)

     

    Les Croisades
    (NdT : c'était alors le jeu le plus récent réalisé par Berg qui reçoit un accueil mitigé ou plutôt une indifférence polie) est une longue démarche pour éviter les 3N, sur un sujet à propos duquel la majorité des joueurs n'est pas familière. (…) Ainsi, cette majorité - pas si silencieuse - est mal préparée à accueillir un jeu comme
    Les Croisades
    qui pose des questions plutôt qu'un jeu qui ne leur fournit que des réponses (bien que mon jeu Les Croisades essaie de faire les deux). Plus encore, dans mon jeu, le joueur doit en fait déplacer ses marqueurs de plus d'un hexagone pour combattre un ennemi, et ça c'est
    verboten
    (NdT : en allemand dans le texte) en terme de succès. Beaucoup de joueurs ne veulent pas fournir un effort plus grand qu'un coup de poignet ; ils veulent simplement mettre la pâtée au marqueur ennemi le plus proche.

     

    Résultat ? Une myopie intellectuelle qui est au mieux démoralisante. Je me vois moi-même envisager des projets avec un cynisme dont je ne me serais jamais cru capable, le type de cynisme qui m'amène à penser « Hey, ils aiment les dragons et ils aiment les nazis, faisons un jeu où on tue des Nazisdragons, et pour se donner une marge de sécurité, on rajoutera dans les règles des Sorciers nucléaires.

     

    Tout ceci tombera certainement dans les oreilles d'un sourd ou chauffera les oreilles de certains. Il s'agit seulement de mon idée personnelle – et professionnelle – mais c'est le point de vue de quelqu'un qui perçoit avec crainte les tendances dans les titres qui sortent. Je vois tellement de jeux sur des sujets franchement ésotériques en me languissant. Je vois tellement de jeux traitant du XXème siècle qui ne sont que des clones de mêmes sujets (…) Dieu sait combien de fois SPI vendra un énième
    Bataille des Ardennes
    (je suis certain qu'ils essaieront). Mais pour Gengis Khan et l'invasion mongole, un événement d'une importance gigantesque, rien (…). Personne ne veut rien entendre sur l'histoire de l'Asie (à moins qu'il ne s'agisse du Japon dans la Seconde Guerre Mondiale). Mais si vous poussez l'incantation « Front Est », vous aurez une horde de joueurs pour venir ramper à vos pieds. Pourquoi ? Parce que
    Front Est
    et la
    Bataille des Ardennes
    sont faciles. Tout le monde connaît les réponses ; c'est familier, amical.
    Vous n'avez pas à réfléchir
    . La sur-familiarité avec ces sujets les ont rendus aussi indigestes que du fourrage à ruminants ou de la nourriture pour bébés.

     

    Et je suis découragé de voir qu'un nombre substantiel de gamers a refusé d'explorer le spectre large de l'histoire militaire. Il est au final décevant de concevoir des jeux ou d'écrire sur des jeux qui ne seront pas appréciés en dépit de leurs mérites, simplement parce qu'ils contreviennent à une tendance très douteuse.

     


     


    Richard Berg serait-il juste un mauvais joueur, un concepteur de jeux très respecté mais déçu de ne pas obtenir le succès escompté sur ses jeux ou bien cerne-t-il avec lucidité les contraintes et les limites que lui impose le marché de la société du spectacle et de la demande des joueurs ? Il nous place en tout cas devant les contradictions des années 1960/1970 riches en sous-cultures et contre-cultures avant la normalisation néolibérale des années 1980.

     

    Berg représente d'un côté une régression par rapport à la Belle Epoque où nos écrivains jouaient aux petits soldats pour critiquer la guerre militaire ou la guerre sociale : il revient aux racines du Kriegspiel prussien de la tradition militaire. Mais il raisonne aussi d'un autre côté en bon connaisseur de la chose historique, en expert des potentialités du wargame pour poser des questions au lieu de donner des réponses toute faites, pour dépasser une vision étriquée et nationale de l'histoire, pour amener les joueurs à s'intéresser à des périodes de l'histoire et à des espaces historiques sur lesquels ils n'ont pas de repères. La diversité de sa production témoigne de sa curiosité insatiable qui traverse les périodes historiques et s'affiche sur tous les continents. Et un jeu, quel qu'il soit, qui amène le joueur à poser des questions et se poser des questions ne s'apparente-t-il pas à ce que les auteurs d'une Histoire des possibles proposent lorsqu'ils examinent les usages des contrefactuels ? En tout cas, Richard Berg entrevoit correctement certains des aspects du monde vidéoludique tel qu'il s'est dessiné par la suite dans les FPS, ces anti-wargames où les Nazidragons imaginés dans son texte se sont incarnés véritablement à travers les Nazis mort-vivants de Wolfenstein 3D puis les modes zombies du jeu Call of Duty (CoD) qui apparaissent avec le 5ème volet de la série, World at War, le dernier à prendre pour cadre la Seconde Guerre Mondiale avant que la série ne dérive le plus souvent sur un futur proche post-apocalyptique.

     

    L'autre point important de son texte est aussi l'allusion à la fantasy et à l'autre secteur associé aux wargames qui se développe parallèlement dans ces années 1970 prolifiques et provoque une véritable révolution dans les jeux de société : les jeux de rôles. Car c'est bien la mise en jeux des univers médiévalo-fantastiques de la littérature populaire qui remporte progressivement la mise à partir de la création de Donjons & Dragons (1974, TSR Tactical Studies Rules) dont le succès immense et l'influence profonde ne se démentent pas jusqu'à aujourd'hui sous d'autres formes de la culture populaire comme le montre la série télévisuelle actuelle Game of Thrones. La profonde originalité de TSR et de son fondateur Gary Gygax provient de la rupture des canons du wargame définis auparavant par Avalon Hill. Le déroulement du jeu n'est plus centré sur la carte tramée mais exclusivement sur la règle puisque le dispositif ludique est un bac à sable, c'est-à-dire un environnement de règles détaillées dans la version avancée de D&D qui seront utilisées par un Maître du Jeu garant du respect des règles qui utilise un scénario de jeu pré-établi ou surtout en invente un lui-même, à l'intention des autres joueurs. Ce Maître du Jeu est donc un co-créateur du jeu à part entière, il gère aussi les personnages non-joueurs qui apparaissent dans le scénario. Un bac à sable... Il n'y a d'autre support de jeu que la règle qui ne prend vie que par l'inventivité de ce qu'en fera le joueur. Nous retrouvons par cette expression le terrain des jeux de l'enfance adapté aux adultes proposé par Wells dans Little Wars ; nous retrouvons l'espace-temps ludique créé par les enfants décrits par Valéry Larbaud dans La grande époque que nous avions évoqué à l'épisode précédent. Mais aussi, nous assistons à la résurrection des figurines de plomb puisque, très rapidement, l'univers de D&D suscite un retour massif de ces objets qui avaient été remplacés par les figurines en plastique, suscitant un retour de la production de fabrication de figurines de plomb tout à fait inattendu. Ce ne sont plus des reproductions de soldats de l'histoire militaire, mais des magiciens, des voleurs, des chevaliers, des clercs qui progressent prudemment pour affronter des orques, des elfes et des gobelins. Gary Gygax avait d'ailleurs déjà réintroduit les figurines de plomb puisque le premier jeu de TSR, un an avant la sortie de D&D, était un wargame à figurines consacré à la guerre civile anglaise « Chevaliers et Têtes-Rondes » (1973)

     

    Ainsi, autant la ligne pure et dure du wargame et du jeu d'histoire défendue par Richard Berg se présente comme un retour conservateur à la tradition prussienne du Kriegspiel stratégique, très pointilleuse sur l'historicité et le réalisme des manœuvres, autant la ligne de l'imaginaire de Gary Gygax s'inscrit dans la filiation de l'appropriation populaire du wargame apparu à la Belle Epoque avec les petits soldats de plomb et qui en vient dans les années 1970 à rejoindre le registre de la fantasy.

     

    Gary Gygax est en effet d'abord un wargamer avant de devenir l'inventeur référentiel du jeu de rôles. Entre septembre 2002 et février 2008 (il meurt le 4 mars 2008) , Gary Gygax, élevé aux rang d’icône vivante par ses aficionados, avait instauré un dialogue à distance avec des rôlistes sur « EN World » un forum britannique majeur de la communauté des rôlistes. Sur le plan de la recherche historique et anthropologique, il va sans dire que l'analyse des matériaux bruts que constituent les archives de ces forums numériques de gamers pose des problèmes de méthodologie et leur apport reste encore une terra incognita. Le fil de discussion étalé donc sur 7 années est énorme ; il compte 9000 messages, témoignant de l'importance que Gary Gigax a conservé auprès des gamers, une vingtaine d'années après la sortie de Donjons & Dragons. Son influence sur la structure des jeux est déterminante : c'est lui qui introduit une notion présente dans de très nombreux jeux vidéo, pour le pire et le meilleur : le concept de « points d'expérience » et donc de « levelling » dont les répercussions non seulement ludiques mais aussi économiques et psychologiques sont immenses. Surtout, son impact sur les sociabilités ludiques des années 1970/1990 avant l'avènement d'internet puis la prolifération des réseaux sociaux est elle-aussi considérable. Dans les réponses faites aux rôlistes, on sent bien que Gary Gygax est parfois un peu exaspéré de se voir figé dans ce statut d'inventeur du genre « Jeux de rôles » même s'il est visiblement fier d'y trouver une reconnaissance somme toute méritée. Dans les années 2000, Gary Gigax ne veut pas trop regarder le passé, il essaie en effet de monter de nouveaux projets, d'imaginer d'autres mécanismes, mais ils n'auront pas le succès qu'il escomptait. C'est sans doute une des raisons de sa présence attentive sur ce forum anglais très lu par les gamers : faire connaître et populariser ses projets du moment. Une même forme de désillusion que celle de Richard Berg apparaît en filigrane devant l'évolution du marché. Elle s'explique pour les mêmes raisons économiques de la loi du marché imposée à Berg. Les sociétés éditrices de wargames et de jeux de rôles (Avalon Hill, SPI, TSR pour les principales) étaient en concurrence mais elles éditaient indifféremment wargames et jeux de rôle puisque ces jeux sont indissolublement liés dans la culture ludique populaire de l'époque. Richard Berg, si scrupuleux sur la véracité historique de ses wargames investit aussi parfois l'espace de la fantasy en adaptant au moins à deux reprises l'univers de Tolkien à la forme des wargames. Quand TSR sort D&D en 1974, Avalon Hill réagit et propose un concurrent, Runequest, en 1978, d'ailleurs bien meilleur que D&D dans sa conception selon les spécialistes, mais qui n'aura jamais le succès du pionnier selon une logique First In Last Out. Mais dès les années 80, ces sociétés nées d'amateurs d'histoire et de pulps qui se regroupaient autour de pratiques de hobby et autour de fanzines qui devinrent de vraies revues très lues, sont toutes avalées par les grandes maisons d'édition de jeux généralistes, Harbo en particulier, qui récupèrent les dividendes de ces innovations ludiques. Le plus intéressant sans doute dans les évocations de Gary Gygax lui-même sur ce fil de discussion concernent les souvenirs de son enfance à Chicago, son goût précoce pour l'histoire à travers les figurines militaires qu'il peignait, puis qu'il modifiait pour les adapter aux univers médiévalo-fantastiques qui l'intéressait aussi et qu'il commençait à relier à ces pratiques de joueurs avant la sortie de Donjons & Dragons.

     

    Comme on le voit, cette histoire des origines des wargames détaillées ici d'un point de vue de l'histoire culturelle est extrêmement riche et fait appel à de nombreuses passerelles entre les registres de la culture populaire, de la contre-culture et de la culture légitimée des élites, sous un fond de récupération économique mondialisé du champ de l'imaginaire des sous-cultures . Il n'est pas possible de comprendre le succès des jeux vidéo qui mélangent allègrement représentations de l'histoire, contrefactuels et fantasy sans en faire la généalogie. Les codes présents et massifs aujourd'hui dans l'industrie des jeux vidéo empruntent encore largement certains de leurs éléments de jeu centraux à cette période-charnière des années 1960/1970. Le meilleur exemple en 2015 en a été certainement The Witcher III qui allie la puissance de la technologie actuelle à un scénario de jeux de rôle dont les mécanismes sont apparus 40 ans plus tôt, associé avec d'autres ingrédients propres à son époque (le goût du crafting chez les gamers d'aujourd'hui). Ces jeux de rôle où la fantasy est prédominante ont largement remporté la mise sur les wargames qui occupent désormais dans les jeux vidéo une niche très restreinte faute en partie du renouvellement du genre, faute d'une autre conception de la guerre et de la stratégie militaire, qui fait que les jeux dits de « grande stratégie » les ont largement supplantés dans l'univers vidéoludique avec d'autres dynamiques de gameplay.

     

    Les jeux dits FPS/TPS ont eux-aussi une tradition militaire, mais dans une filiation radicalement différente assez bien connue désormais et qui est retracée dans un billet plus ancien de ce blog. Cette tradition est récente, relative à l'entraînement tactique virtuel des soldats et non pas à la compréhension stratégique de la conduite de la guerre par des officiers d'état-major comme au temps du Kriegspiel prussien. Ils proviennent de l’armée américaine, pour l’entraînement militaire virtuel des soldats surtout dans les situations de guerre asymétrique des conflits contemporains. Ces jeux sont indissociablement liés à la possibilité technologique de création d'environnement virtuel en 3D et à la vision subjective en temps réel qui exercent un pouvoir de fascination, au sens étymologique du terme, en raison du réalisme immédiat et de la sensation d'immersion. Des jeux qui en retour ont fini par connaître la popularité et le développement massif que l’on connaît actuellement, au point d’encombrer le marché vidéoludique jusqu’à la saturation en finissant peut-être par lasser les gamers par leur répétitivité et leur manque de renouvellement en terme de gameplay. Quelques signes laissent présager un retour du narratif dans de nombreuses catégories de jeu avec des scénarios, des interactions et des bifurcations de choix dignes de ce nom.

     

    Est-ce parce que les wargames - au sens exact du terme dont nous avons essayé de retracer la généalogie - sont souvent perçus comme des jeux de petits soldats de plomb ou d’histoire-bataille pure sans grand intérêt qu’ils sont plutôt négligés par les historiens ? Ils témoignent peut-être pourtant d'un goût populaire pour la reconstitution ou la mise en scène historique qui mériterait un examen plus approfondi. Ces jeux de simulation sont des contrefactuels à part entière, qui partent d’une situation historique réelle donnée la plus fidèle possible, au risque d’une très grande complexité pour voir une issue alternative. Ou à l'inverse qui intègre le « Et si... » en partant d'une situation qui ne s'est pas produite mais qui aurait pu se décliner dans l'histoire. Le wargame classique n’était pas forcément le simple fait de rejouer une bataille ponctuelle où l’on avance des régiments sur une carte militaire pour en transformer l'issue advenue. Ils pouvaient prendre en compte une campagne militaire plus globale, où la question de la guerre sous des aspects autres que la tactique pure est prise en compte et deviennent même prédominant. Par exemple, la chaîne du ravitaillement et de communications, l’impact sur les populations civiles, l’éloignement des bases d'approvisionnement, l’attrition et le moral des troupes, les conflits asymétriques, les contraintes climatiques saisonnières avec une somme de paramètres à prendre en compte impressionnant. Dans le monde des jeux vidéo, ces wargames au design souvent austère et très peu spectaculaires restent comme nous l'avons signalé des jeux de niche spécialisés mais où les amateurs d’une certaine forme d’histoire contrefactuelle sont particulièrement nombreux.

     

    De la même façon, Assassin’s Creed Unity (page 291) n’est pas à proprement parler un jeu contrefactuel ni un jeu uchronique dans sa trame gamique .Certes Paris aura été minutieusement reconstituée avec l’aide d’un historien, Laurent Turcot, et l’on y aura croisé Mirabeau, Sade, Bonaparte, Robespierre, Olympe de Gouges ou Lavoisier, dans des situations parfois – volontairement ou involontairement – contrefactuelles de façon ponctuelle. Cette reconstitution dans son aspect histoire-décor est une prouesse technologique majeure qui présente d’ailleurs un grand intérêt mais Jean-Clément Martin a bien démontré que le scénario du jeu relève de la pure fantasy. C’est un jeu d’aventure qui obéit au gameplay spécifique à cette catégorie de jeu et où l’histoire de la Révolution parcourue s’inscrit d’ailleurs dans une meta-histoire qui nous sort complètement de l’histoire des possibles, en faisant appel à des sociétés secrètes et des complots séculaires, argument propre au développement d’une série où les héros traversent l'histoire. La série semble d’ailleurs arriver à bout de souffle, faute de renouvellement du gameplay et de manque de profondeur scénaristique, la meta-histoire devenant d'ailleurs de plus en plus allusive dans les derniers épisodes.

     

    L’argument uchronique de Wolfenstein 3D (page 291) est lui aussi tellement ténu qu’il est difficile de l’invoquer pour parler de jeu fondé sur des contrefactuels. C’est à nouveau un jeu de tir mais surtout un jeu défoulatoire extrêmement transgressif par rapport aux règles draconiennes qui régissent la représentation de la croix gammée et des autres signes nazis dans les jeux vidéo. Il est d'ailleurs remarquable de constater que sa source d'inspiration, le jeu Castle Wolfenstein, est considéré quant à lui comme l'une des origines des jeux dits d'infiltration.

     

    Le blocage proviendrait donc du fait que le gamer serait sensible prioritairement au gameplay, le contexte et le scénario étant relativement accessoires, et que l’historien spécialiste des registres rhétoriques de la narration classique balaierait un peu trop vite d’un revers de main ce gameplay comme non indispensable à l’analyse historienne, parce qu’il n’en maîtrise pas les codes et les pratiques. Ces dernières ne se résument pas à prendre une manette entre les mains pendant quelques minutes ou quelques heures. S'il est souhaitable, comme les auteurs le soulignent, de se placer aussi du côté des joueurs, il est nécessaire que l’historien joue lui-même, de la même façon qu’il lit un livre, observe une enluminure ou qu’il visionne un film comme matériaux de son champ d’études. Est-il possible de parler de ces jeux sans les jouer et entrer dans les formes de rhétorique procédurale ? Est-il concevable de cantonner l'étude de l'histoire dans les jeux vidéo à une étude des représentations de l'histoire dans nos sociétés actuelles, étude considérée sous l'angle unique des concepteurs et designers de ces jeux, puisque le gamer n'est pas qu'un spectateur, mais qu'il interagit ou produit des mods ? Le grand mérite du livre est d'évoquer subrepticement cette question et d'ouvrir ainsi à son tour un champ du possible. Mais il nous faudra la dédoubler, se poser la question du player autant que celle du gamer, de ce que fait le joueur (notre langue ne fait pas la subtile et fondamentale différence anglo-saxonne entre le game et le play) quand il joue avec les contrefactuels dans une autre série de jeux de simulation historique qui ne sont pas des wargames et qui sont appelés « jeux de grande stratégie ». C’est justement sur ceux-ci qu'il convient de centrer l'analyse des contrefactuels en action et comprendre comment sortir de cette incompréhension ou trop grande étanchéité entre deux univers qui ne se fréquentent pas assez, celui des historiens d’une part et celui des gamers amateurs d’histoire. Ces derniers sont d’ailleurs parfois les étudiants de ces mêmes historiens en ayant développé leur appétence pour l'histoire plus en jouant à des jeux vidéo que sur les bancs du collège et du lycée ! (Les jeux historiques pervasifs contrefactuels ne seront pas examinés ici, en renvoyant à l’analyse proposée dans un billet antérieur).

     

    Mais avant d'analyser en détail en quoi les jeux de grande stratégie, différents des wargames, semblent les plus appropriés pour créer une démarche contrefactuelle dans les jeux vidéo, il sera nécessaire d'effectuer au prochain épisode un dernier détour, surprenant, sur le wargame dans les avant-gardes littéraires, artistiques et politiques du XXème siècle

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  5. PARTIE 1


    Je suis en train de retravailler un peu la façon dont l'exploitation des mines fonctionne en introduisant une notion nouvelle : un stock de la ressource exploitée.

     


    Globalement, cela veut dire que chaque mine aura une capacité limitée.

     

    Cette capacité sera aléatoire et déterminée à l'activation de la ressource minérale. Je table sur un stock initial prévu pour durer 20-50ans.
    Le stock précis ne sera pas révélé, car il n'est pas réaliste d'avoir cette information, et de plus le système de consommation, décrit ensuite, ne permet pas vraiment une estimation de la durée de vie de la mine.
    Ce stock sera diminué au fil de temps par l'exploitation de la mine. Bien sûr, si le bâtiment d’exploitation est d'un niveau plus élevé, le stock diminuera plus vite.
    De même, l’évènement actuel d'accident à la mine, qui réduit la production pendant un temps, ralentira temporairement cette consommation du stock.
    Une nouvel évènement qui traduira une hausse temporaire de productivité aura lui l'effet inverse.
    Vous aurez également la possibilité, de faire rechercher de nouveaux filons, via décision, moyennant finances, pour prolonger la vie de votre exploitation minière.
    Vous serez informés lorsque le niveau de stock devient bas (probablement une alerte, puis une relance).

     

    Que ce passe-t-il une fois le stock épuisé ?

     

    La décision de recherche de filon sera toujours disponible à ce moment là, mais il est possible que ce intervienne trop tard ou que vous ne trouviez plus de filon assez conséquent pour vraiment relancer la machine.
    Sinon effectivement la mine fermera pour de bon.

     

    Rechercher un nouveau site à exploiter dans la province est une possibilité que l'on étudie. Cela impliquerait une décision, accompagnée d'un processus de prospection donc pourquoi pas une chaîne d'events. A voir pour la suite.

     

     

    D'un point de vue plus technique : ce feature ne sera pas présent dans le premier update pour la version du 2.5, qui est imminente ;)
    Cela ne concerne que le fer, au moins dans un premier temps. La ressource "sel" sera séparée des minerais. Il est possible que le bâtiment "mine" s'échelonne en 5 niveaux au lieu de 3 actuellement.

     


    Source : %5BL3T%5D DEVjournal n°04 : les mines

     

    PARTIE 2


    On a attaqué l'encodage du feature. J'en profite donc pour vous montrez l'avancement et les dessous du coding, entre blabla et tutoriel !

     

    Une fois le design plus ou moins ficelé, j'ai pu vous présenter sous forme de carnet de développement les caractéristiques du feature. Il s'agissait de la partie théorique, qui parfois demande quelques tests préalables pour la faisabilité du projet. Ensuite il faut se mettre au boulot et coder ce qu'on a promis ;) On peut aussi coder et seulement ensuite présenter le produit fini. A titre personnel, j'aime bien présenter avant, car coucher sur le "papier" le feature et son fonctionnement aide beaucoup à mettre les idées en place. "Savoir expliquer, c'est savoir coder", oserais-je dire.

     

    Tout d'abord, question d'organisation, j'ai un fichier qui liste tous les events, leurs ID, et nomment les fichiers dans lesquels on les retrouvent. Ce fichier est présent dans la version distribuée du mod. Cela évite les doublons permet de trouver un ID libre, de ranger et retrouver ses petits, et aussi de centraliser quand on travaille à plusieurs. Recommandé même en solo cela dit.

     

    Extrait de ce fichier

    #id = ECO.00130 #activation pour commerce -pierre- #id = ECO.00131 #activation pour commerce -pierre taille- #id = ECO.132 #décompte minerai on_action#id = ECO.133 #décompte minerai alerte1#id = ECO.134 #décompte minerai alerte2#id = ECO.132 #décompte minerai de décision#id = ECO.139 #décompte minerai mouchard#id = ECO.00140 #activation pour commerce -minerai -minerai fer- #id = ECO.00141 #activation pour commerce -minerai -sel gemme- #id = ECO.00142 #activation pour commerce -minerai -or#id = ECO.00143 #activation pour commerce -minerai -cuivre#id = ECO.00144 #activation pour commerce -minerai -metal-#id = ECO.00145 #activation pour commerce -minerai -outils-#id = ECO.00146 #activation pour commerce -minerai -sel raffine-#id = ECO.00147 #activation pour commerce -minerai -salaison-#id = ECO.00148 #activation pour commerce -minerai -armes-

    Dans le mod, chaque activation de ressource est un event avec le namespace ECO, suivi d'un nombre commençant par 100 pour les activations de ressources, le chiffre des dizaines regroupe les ressources ayant une même ressource-mère (ex. 140 = filière minerai), le dernier chiffre étant l'individualisation de chaque event. Un éventuel 4éme chiffre désignera un sous-event, pour les chaînes par exemple.
    Tout ceci est bien sûr propre au mod.
    Ici, j'ai décidé de "combler le trou" entre la filière pierre et la filière pour accoler mes nouveaux event à celle-ci. J'ai commencé à 132, ne sachant pas encore combien d'events il me faudra pour le feature.
    Pour l'instant je pars sur un event que l'on va qualifier d'event de maintenance, qui fera le job de déduire annuellement les ressources du stock, deux events d'alerte, quand on approche de l'épuisement du stock, un event qui découlera d'une décision pour "renflouer" le stock (recherche d'un nouveau site, creuser plus profond etc. , avec pourquoi pas plusieurs branches et/ou divers events d'immersion (qui a parler de trouver un Balrog :D ?)
    Et en petit dernier un event mouchard, dédié au testing ingame.

     


    Bien entendu avec tout ça, les events ne vont pas se coder tout seul, donc au boulot !
    Dans un souci de praticité, j'opte pour l'instant pour un fichier dédié.
    Première étape, je sais que mon event de maintenance, pour revenir de manière cyclique a besoin d'être déclenché par le fichier on_action.txt. Je choisis la catégorie on_yearly_pulse, events.
    J'indique donc simplement l'ID de l'event voulu dans le L3T_on_action du mod comme ceci :

    #characteron_yearly_pulse = {	events = {		ECO.132	}

    Il ne faut pas oublier d'impacter les éléments existant déjà, ici par exemple j'ai ajouté la définition de la variable "minerai_fer" et changé sa valeur pour donner un stock initial mors de l'activation de la ressources.
    Ensuite on rentre dans le cœur du sujet. Je préviens, ça marche rarement du premier coup et en général on ne commence à côté qu'un boute de l'event pour voir s'il fonctionne. Ici il n'est pas complet, mais ce n'est pas la première mouture non plus, j'ai du jongler un peu avec les scopes, sous les bons conseil de Mouchi ;)

    # Consommation stock mines de fercharacter_event = {	id = ECO.132	hide_window = yes	ai = no	is_triggered_only = yes		trigger = {	#	}		immediate = {		any_title = {			limit = { 				tier = baron				holding_type = castle				location = { 					has_province_modifier = minerai2_fer					check_variable = { which = "stock_minerai" value =  100 } #seuil pour éviter d'arriver en stock négatif (=conso maxi * 2 ans + marge sécurité)					}				}							if = {				limit = {					has_building = CA_MINE_minerai_L1					NOT = {	has_building = CA_MINE_minerai_L2	}					NOT = {	has_building = CA_MINE_minerai_L3	}					}			owner = { character_event = { id = ECO.1391 days = 1 }}			location = { change_variable = { which = "stock_minerai" value =  -10 }}			}			if = {				limit = {								has_building = CA_MINE_minerai_L2					NOT = {	has_building = CA_MINE_minerai_L3	}					}			owner = { character_event = { id = ECO.1392 days = 1 }}			location = { change_variable = { which = "stock_minerai" value =  -20 }}			}			if = {				limit = {								has_building = CA_MINE_minerai_L3					}			owner = { character_event = { id = ECO.1393 days = 1 }}			location = { change_variable = { which = "stock_minerai" value =  -30 }}			}		}	}}

    Je commence toujours par un commentaire pour nommer l'event ou dire ce qu'il fait.
    Ensuite, son type, son ID.
    hide_window = yes << l'event est masqué
    ai = no << l'event n'est lancé qu'une seule fois par an, à un seul personnage, ais son effet couvre le monde entier
    is_triggered_only = yes << déclenchement exclusif par le on_action

     


    Je ne rentre pas dans tous les détails. Tous les effets sont dans le bloc immediate, l'event n'ayant pas d'option.
    L'effet s'applique donc à tous les titres, de niveau baron, de type château, qui se trouvent dans une province ayant le modificateur "fer" actif et ayant un stock suffisant de minerai pour pouvoir en soustraire.
    Le niveau de restriction suivant pour l'application, matérialisé par les les if = { limit = { }}, cible à quel niveau est le bâtiment d'exploitation minière (niveau 1, 2 ou 3), sachant que lorsque que le niveau 2 est construit, le niveau 1 existe encore, les bâtiments "se cumulant" lorsqu'ils prennent un niveau de développement supplémentaire. Chaque bloc if = { limit = { }} contient donc des conditions inter-exclusives, alors que le premier bloque limit est le socle commun.
    Puis vient l'effet proprement dit, ici lancé un event mouchard et impacter le stock de minerai.

     

    Le code très simple d'un des mouchards.

    character_event = {	id = ECO.1391	desc = "DESCECO.1391"	picture = GFX_evt_castle_construction			ai = no	is_triggered_only = yes		option = {		name = "OK"	}}

    Minimaliste, un type, un ID, un tag pour le texte, une illustration. Déclenché uniquement par l'event précédent, option unique et sans effet.
    Une fois le code de localisation complété de la sorte (et toujours classé dans le bon fichier, en suivant les ID des events)

    stock_minerai;;minerai de fer;;;;;;;;;;;;xDESCECO.1391;;Des nouvelles de nos mines de [From.Location.GetName]. \n La quantité de [From.Location.stock_minerai.GetName] encore disponible est évaluée à [From.Location.stock_minerai.GetValue] unités.  \nQuantité impactée de -10 unités.;;;;;;;;;;;;xDESCECO.1392;;Des nouvelles de nos mines de [From.Location.GetName]. \n La quantité de [From.Location.stock_minerai.GetName] encore disponible est évaluée à [From.Location.stock_minerai.GetValue] unités.  \nQuantité impactée de -20 unités.;;;;;;;;;;;;xDESCECO.1393;;Des nouvelles de nos mines de [From.Location.GetName]. \n La quantité de [From.Location.stock_minerai.GetName] encore disponible est évaluée à [From.Location.stock_minerai.GetValue] unités.  \nQuantité impactée de -30 unités.;;;;;;;;;;;;x

    Le premier est le nom de la variable que j'utilise pour matérialiser le "stock" de minerai restant.
    Tout le reste c'est du blabla, en fait seuls les champs dynamiques sont vraiment utiles.

     


    Illustration en jeu :
    post-27689-0-03386400-1459280716_thumb.p

     

    Voilà j'ai fait le tour pour cette première phase, en espérant que vous avez trouvé cela intéressant dans le cadre du mod, par trop long à lire et que l'aspect pratique a levé un peu les mystérieuses limbes du modding des events ;)

     


    Source : %5BL3T%5D DEVjournal n°04 : les mines

  6. Identificateur de provinces : RGB & terrain

     


    RGB
    Comme cela avait été demandé par Loup, j'ai ajouté le code RGB de la province en plus de son ID et nom.
    Ce code est affiché en couleur (rouge, vert et bleu) et peut être copier dans le presse-papier à l'aide du bouton de copie se trouvant juste à droite.
    Le format de copie est R;G;B

     

    Terrain
    Avec la mise à jour 2.5, Crusader Kings 2 possède un nouveau fichier (common/province_setup/00_province_setup.txt) qui contient le type de terrain des provinces.
    L'identificateur de provinces va donc s'en servir pour afficher le terrain de la province sélectionnée.
    Ainsi, si le terrain ne correspond pas à celui en jeu, cela vient d'une erreur de ce fichier.

     

    La couleur du terrain dans l'interface est la même que celle pour le nom de la province.
    Celle-ci peut être changée dans les options.

     

    Rendu visuel
    med_gallery_46583_27_44163.png
    Identificateur utilisé pour Crusader Kings 2 (version 2.5.2) avec le mod SWMH (version v2.922, 3 mars 2016)

     

    med_gallery_46583_27_80185.png
    Identificateur utilisé pour Victoria 2 (sans extensions)

     

    On voit sur les 2 images l'introduction du code RGB.
    Si dans la 2ème image on copie ce code dans le presse-papier à l'aide du bouton de copie juste à droite de celui-ci, on obtient 176;64;96

     

    Le terrain n'est disponible que pour les sessions de travail Ck2 (1ère image).

     

    Téléchargements
    Pour télécharger la dernière version du logiciel, allez dans le billet de présentation du logiciel.

  7. Rhysaxiel
    Dernier billet

    Histoire récente
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    Les premières décennies semblent marquer la domination des tribus Lusitani, Astures et Carpetani et Vascones, qui prennent des territoires sur leurs voisins les plus faibles. Les Aquitani, tribu gauloise, soumettent également les tribus paléo-ibères autour de Saguntum, face aux Baléares.
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    En 511, le territoire est quasi intégralement partagé entre les principales tribus de la région. Rome s’est implantée dans les Baléares en octobre 509 suite à la guerre de continuation contre Carthage. Cette dernière est particulièrement passive en Hispanie. Les Aquitains s’implantent un peu plus, mais leur territoire est particulièrement éclaté et vulnérable.
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    La situation change radicalement en à peine quarante ans. Carthage soumet les Oretani et les Bastetani. Les Astures contrôlent fermement le quart nord-ouest de la péninsule ainsi que Saguntum tandis que Rome est entrée par le nord-est en réduisant les Vascones à leur territoire d’origine. Entre ces trois puissances, les Carpetani apparaissent en fâcheuse posture.
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    Dès 553, en l’absence d’espace pour s’étendre sans s’affronter, Astures et Carpetani entrent en guerre. En 558, Carthage profite de ce conflit pour attaquer à son tour les Carpetani qui n’ont pas les capacités de tenir sur deux fronts face à de tels adversaires. Carthage s’étend considérablement et en vient à border les Astures, annonçant un conflit prochain. Les Astures, pris dans une guerre civile, signent une paix blanche avec leur ennemi. Les Ilergètent se libèrent du jour Carpetani à la faveur du conflit, pour aussitôt être conquis par Rome dont le territoire atteint l’Ebre en mars 563. En 564, Carthage conquiert Saguntum sur les Astures. Toutefois, la cité punique sombre dans la guerre civile. Un de ses magistrats, Eshbaal Mattanid, a instauré une dictature et renversé le régime républicain, provoquant une réaction puis une révolte menée par Hannibal Gisco. C’est la première des guerres civiles qui vont réduire en cendres Carthage et son empire.
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    La guerre civile carthaginoise donnent un peu d’air aux tribus celtibères qui récupèrent quelques territoires sur Carthage. Rome réduit en 571 les Aquitains à leur seul territoire d’origine et s’empare de leurs terres en Hispanie. Profitant de la guerre civile, l’ambitieuse île de Chypre conquiert l’ancien territoire Bastuli dans le sud de la péninsule.
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    Le sénat romain exige des conquêtes en Hispanie, entraînant une guerre contre les Carpetani entre 596 et 600 qui se solde par l’imposition d’un tribu sur les Celtibères. Les Astures profitent de l’intervention romaine pour conquérir des territoires de leur côté. La position centrale des Carpetani joue clairement en leur défaveur. La frontière entre Rome et les Astures, toujours plus longue et sous tension, n’entraine pas de conflits, pour le moment.
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    Les Astures sombrent dans une brutale guerre des clans en 613, au moment même où Carthage pose de nouveaux les yeux sur l’Hispanie. Le résultat est sans appel, Carthage s’étend considérablement vers le nord, au point de border le territoire de l’Hispanie romaine. En 619, dans un contexte plus large de rébellion des tributaires romains, les Capretani déclarent la guerre à Rome, mais sont remis dans l’obéissance l’année suivante.
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    Rome est à l’époque occupée loin à l’est et laisse le champ libre à Carthage pour s’étendre. Les Astures en paient le prix fort sont réduits à un tout petit territoire frontalier à Rome et Carthage, synonyme d’une durée de vie très courte. Les Carpetani, protégés par Rome, sont épargnés.
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    Carthage entre progressivement dans une phase très instable, les guerres civiles et révoltes se multiplient et le laps de temps entre chaque période de trouble est de plus en plus court. Les Carpetani en profitent pour reprendre quelques territoires, tandis que Rome conquiert quelques villes au nord. Carthage ne peut virtuellement pas s’opposer à ces conquêtes.
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    A partir des années 710, l’instabilité à Carthage est telle que Rome est en mesure de débaucher des gouverneurs de province et de les faire passer au service de l’Empire. La conquête de l’Hispanie par Rome et son allié Carpetani est ainsi une combinaison d’opérations militaires et d’opération de séduction de gouverneurs peu scrupuleux. Entre 710 et 713, Rome conquiert la majeure partie de la côte atlantique de l’Hispanie. Surtout, la flotte carthaginoise, troisième flotte de méditerranée, est intégralement coulée au large des colonnes d’Hercules. La cité punique ne sera jamais en mesure de la reconstruire.
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    Les Carpetani font face à un soulèvement des Astures en 752, soulèvement qui fait long feu face aux armées romaines puis celtibères. Rome acquière toutefois deux provinces appartenant initialement à son client, au motif d’y maintenir l’ordre. Quelques années plus tard, les Carpetani cessent de payer le tribut à l’Empereur. En 762, il est ordonné aux armées romaines d’entrer en territoire celtibère et d’en commencer la conquête, la paix est signée en 765. Parallèlement, Carthage poursuit son effondrement, accéléré par les défections de ses magistrats à Rome. Chypre perd son territoire en Hispanie au profit de l’Egypte.
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    En 781, l’Empereur Publius lance une campagne contre l’Egypte, à laquelle les Carpetani ont commis l’immense erreur de s’allier. La défaite de l’Egypte Setnide deux ans plus tard entraîne également l’écrasement des Carpetani, réduit à un tout petit territoire totalement encerclé par Rome et sans aucun espoir de contact avec un autre Etat.
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    Les Carpetani sont définitivement annexés par l’Empereur Galerus, y menant les troupes en personnes, en 789.
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    La situation en 843 AVC (90)
    La réforme nicienne a donné à l’Hispania cinq provinces : Tarraconensis, Galicia, Lusitania, Baetica et Carthaginensis. Les gouverneurs de ces provinces sont nommés par le Sénat avec un veto possible de la part de l’Empereur. Chaque province dispose d’une armée provinciale sous le commandement du gouverneur.
    La romanisation est faite sur à peu près la moitié du territoire. Rome a établi plusieurs colonies dans la région : la cité Grecque d’Emporion, devenue Emporium, Tarraco, Caronium (La Corogne), Aeminium (Coimbra) ainsi que dans les Baléares. La Tarraconensis est organisée en civitas, la Galicia et la Lusitania le sont partiellement. Le reste du territoire est encore découpé selon les bases tribales précédant la conquête romaine.

     

    Cultures
    La romanisation de la région n’est que très partielle. Quatre cultures non-indoeuropéennes sont présentes : les Vascones (Basques), les Paléo-ibères, les Lusitani et les Turdetani. Les Celtibères représentent la majorité du territoire. L’ensemble de ces cultures peuvent se romaniser en « hispano-romain » qui peut ensuite de nouveau éclater en cultures « galician » (Galicien), « leonese » (Léonaise), « castillian » (Castillane), « portugese » (Portugaise), « aragonese » (Aragonaise), « catalan » (Catalane), « andalusian » (Andalouse). La culture celtibère peut éclater selon les mêmes modalités, mais en donnait des cultures appartenant à un groupe différent, prenant le nom de « celto-culture » : celto-galician, celto-leonese, celto-castilian, celto-portugese. L’évolution se fait géographiquement : un seigneur « celtiberan » indépendant peut basculer vers l’une des autres cultures selon sa localisation géographique. Les territoires sur son contrôle basculent progressivement.

     

    Cela signifie par exemple qu’un seigneur contrôlant le nord-ouest (donc basculant « galician ») peut diffuser cette culture sur une large zone, y compris sur celle déclenchant théoriquement une autre culture (s’il contrôle des terres au futur Portugal, elles basculeront « galician » et non « portugese »). Des zones (et personnages) « celtiberan » peuvent basculer « iberan » au fil du temps, pour peu que le tout reste unifié sous un seigneur « celtiberan » indépendant. Les hispano-romains suivent la même évolution mais avec un plus grand délai.

     

    Les Vascones, Lusitani, Turdetani et Paléo-ibères peuvent évoluer vers une version « modernisée » de leur culture non-indoeuropéenne s’ils ne sont pas romanisés ou assimilés par un « celtiberan » devenu « iberan ». Les Vascones évoluent en « basque », les Lusitani en « lusitanian » ou « vettones », les Turdetani en « turdetanian » et les paléo-ibères en « bastetan », « contestan », « edetan » et « ilergetan ». Tous sont également basés sur la géographie et se diffusent, et tous font partie d’un même groupe culturel regroupant les cultures paléo-ibériques dans leur ensemble.

     

    Si Rome perd le contrôle de la région et qu’aucun acteur ne parvient à unifier les peuples, elle peut rapidement se fragmenter en plusieurs cultures indépendantes.
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    Religions
    Le panthéon romain domine largement la région. Le duidisme celtibère arrive en deuxième position mais n’est pas « expansionniste » et ne se diffusera pas (sauf cas exceptionnel : seigneur zélé avec de bonnes stats et de culture non romanisée). Les panthéons carthaginois et égyptiens sont présents du fait de l’histoire, mais sans réels soutiens extérieurs. Ils sont probablement condamnés. Il existe enfin trois paganismes directement liés à une culture correspondante : paléo-ibère, turdetani et lusitani. Si la culture correspondante se diffuse dans une province, la religion change instantanément (sauf panthéon romain). Ces paganismes sont toutefois largement condamnés, tout particulièrement le paganisme lusitanien réduit à Castra Cecilia (Caceres). Les colonies en cours de développement mais inachevées à Portus-Magnus (Almeria) et Castra Cecilia sont susceptibles d’accélérer la romanisation de la région.
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    Défis et zones à surveiller/jouer
    Les minorités paléo-ibères peuvent être sympathiques à jouer dans une optique de « dernier survivant » d’une culture ou d’une religion. Les gouverneurs romains ont intérêt à développer les institutions romaines dans leur province, et donc de veiller à la romanisation progressive des élites locales. Diffuser le culte romain et coloniser sont des options viables, mais coûteuses en temps et en moyens au delà des deux colonies déjà en développement.
    Un chef tribal peut avoir intérêt à coopérer avec Rome pour acquérir du pouvoir, et pourquoi pas après romanisation de sa tribu/famille d’intégrer la vie politique romaine et monter en grade. Ou au contraire, lutter contre l’envahisseur et le chasser pour unifier une partie du territoire sous sa bannière.

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    Une fonctionnalité très utile que notre forum vous propose est l'utilisation de la Balise Spoiler. De quoi s'agit t-il ? tout simplement un bout de code entourant un bloc de texte, images, permettant de caché le contenu. Pour voir ce qui est caché, il suffit de cliquer sur le petit bouton "show".
    Quel est l'utilité ? Simplement parfois insérer des images dans un post, mais pour éviter de surcharger le chargement de la page avec le nombre d'images, on les insère dans une balise spoiler; autre utilisation : raconter le dernier épisode de Game of Thrones sans gâcher le plaisir de ceux qui ne l'ont pas vu :).

     

    i;)

     

    Pour intégrer cette fonctionnalité dans votre post, deux solutions :

     

    - la première : entourée votre contenu de ces deux balises [ spoiler ] votre contenu [ / spoiler ] (il faut retirer les espaces pour que cela fonctionne.)
    - la deuxième : utiliser dans la barre d'outil l'option BBcodes Spéciaux, il faut ensuite choisir Spoiler dans la liste déroulante et indiquer votre texte puis cliquer sur OK.

     

    Et voilà, vous connaissez le moyen de cacher du contenu sur un de vos posts.

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    Billets récents

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    Que ton esprit soit en Paix comme la surface apaisée de l'étang au petit matin :)

     

    Bienvenue dans l'histoAAR.

     

    Wargame multi-dimension et jeu de rôle tout azimut, l'histoAAR de Showa est tout d'abord l'idée de jouer une partie d'HOI III en solo/interactif à la tête de l'Empire du Japon.

     

    Le contexte :

     

    Avant de s'engager dans le grand stratégique débutant en 1936, une intro nous ramène 6 ans en arrière, dans les premières années de l'Ère Showa, règne de l'Empereur Hirohito.

    L'intrigue se tisse autour de mystérieux feuillets noirs alors que la Chine est en pleine guerre civile entre Seigneurs de guerre, nationalistes du Kuomintang et communistes.

     

    Au Japon, à la suite de la création de l'armée impériale japonaise et de la marine impériale japonaise après la restauration de Meiji, l'armée a une très forte influence sur le gouvernement.

     

    Le nouveau gouvernement de Meiji (1868 à 1912) considérait que le Japon était menacé par l'impérialisme occidental et l'une des premières motivations de la politique du Fukoku kyōhei (le fameux slogan « Enrichir le pays, renforcer l'armée ») était de renforcer les fondations économiques et industrielles du Japon pour pouvoir bâtir une puissante armée et défendre le pays face aux puissances étrangères.

    Presque tous les dirigeants militaires étaient d'anciens samouraï ou des descendants de samouraï et partageaient des valeurs et des perspectives communes.

     

    Un facteur important du pouvoir politique de l'armée est sa liberté complète vis-à-vis du gouvernement civil, comme garanti par la constitution Meiji.

     

    En 1878 fut fondé l'État-major de l'armée impériale japonaise sur le modèle de l'État-major de Prusse.

    Cet organisme était indépendant et égal (et plus tard supérieur) au ministère japonais de la Guerre en terme d'autorité.

    Un État-major de la marine impériale japonaise fut également fondé.

    Ces deux organismes sont responsables de la planification et de l'exécution des opérations militaires et ils ne rendent de comptes qu'à l'Empereur.

     

    Comme les chefs des États-major ne sont pas des ministres du gouvernement, ils ne rendent pas de comptes au premier ministre du Japon et sont donc complètement indépendants du gouvernement civil.

    L'armée et la marine peut aussi décider de la formation (ou de la démission) du gouvernement civil. Comme la loi spécifie que les postes de ministre de la Guerre et de la Marine ne peuvent être occupés que par des officiers en service actif, et puisque la loi oblige le premier ministre à démissionner s'il ne réussit pas à former un gouvernement, l'armée et la marine ont en fait le dernier mot pour la formation du gouvernement et peuvent renverser le gouvernement n'importe quand en retirant leur ministre et refusant de nommer un successeur.

     

    Tout comme l'armée dut surmonter la question du féodalisme antérieur qui entraina de graves luttes internes, des tensions demeurent entre groupes rivaux qui prétendent chacun représenter la « vrai volonté » de l'Empereur.

     

    Introduction :

     

    L'HistoAAR commence le 24 mai 1930.

    Le sommaire mis à jour à la fin de ce billet permet de savoir où nous en sommes.

     

    Au fil de l'HistoAAR, des personnages apparaissent, certains ponctuellement, d'autres régulièrement.

     

    Certains peuvent être interprétés par des joueurs les autres par le "meneur de jeu".

    Les interventions "hors-jeu" (commentaires, conseils, encouragements, questions, remarques etc..) sont les bienvenus et auront certainement une influence, mais les "tourner" façon "jeu de rôle" et les insérer dans le cours de l'histoAAR en utilisant l'avatar d'un personnage sera d'autant plus immersif.

    Un perso abandonné ou qui tarde trop alors que l'on attend sa réplique dans un dialogue en cours ou venant d'être engagé, pourra être repris en main momentanément ou définitivement par le meneur de jeu avant d'être éventuellement confié à un nouvel interprète.

     

    Ci-dessous, la liste des personnages déja apparus.

    En vert ceux qui sont libres, en bleu ceux qui sont attribués à un joueur, ceux en rouge sont réservés pour l'instant. Pour plus d'informations visiter la galerie "HistoAAR de Showa - Personnages"

     

    Pour utiliser un avatar :

     

    - Clic droit sur le lien "utiliser l'avatar"

    - "copier l'adresse du lien"

    - revenir dans son post

    - clic sur "insérer une image"

    - coller le lien, et hop le tour est joué i;)

     

     

     

    tn_gallery_28569_123_22982.jpgProfesseur Ikidata Sakone

    tn_gallery_28569_123_613.jpgChang Oï

    tn_gallery_28569_123_5862.jpgMlle Akina Dayame

    tn_gallery_28569_123_24588.jpgDake Arima (son inséparable garde du corps)

     

    tn_gallery_28569_123_1888.jpgMonsieur Iseki Kone

     

    tn_gallery_28569_123_5225.jpgCapitaine Jay Roberts Ruan Yin alias Docteur Jay (utiliser l'avatar)

     

    tn_gallery_28569_123_17319.jpgJean-Claude Vendomme (utiliser l'avatar)

    tn_gallery_28569_123_21800.jpgAdolf Hitler (utiliser l'avatar)

    tn_gallery_28569_123_4588.jpgLord Maxwell (utiliser l'avatar)

    tn_gallery_28569_123_4590.jpgHans Schluss (utiliser l'avatar)

    tn_gallery_28569_123_11314.jpgColonel Aïki KATA (utiliser l'avatar)

     

    tn_gallery_28569_123_11076.jpgAmiral Dendo Hamada (utiliser l'avatar)

     

    tn_gallery_28569_123_22874.jpgSergent Ichinami Hosokawa (utiliser l'avatar)

     

    tn_gallery_28569_123_9979.jpgLouisa San Chan (utiliser l'avatar)

     

    tn_gallery_28569_123_7328.jpgDon Arragon Juan Felipe (utiliser l'avatar)

     

     

    Sommaire

     

    Page de couverture

     

    Introduction (pas obligé de lire tout ce qui est sur fond noir mais bon...)

     

    Acte 1

    Scène 1 - Où Monsieur Iseki parle de mystérieux feuillets

    Scène 2 - L'inconnu du Astor House Hotel

    Scène 3 - Docteur Jay

    Scène 4 - L'Amiral

    Scène 5 - Un certain Jean-Claude Vendomme

    P'tit AAR Jazzy

    Scène 6 - suite de la scène 1 enchainée avec scène 7 - le NSDAP

     

    Jusqu'ici les différentes scènes ont eu lieu dans le même laps de temps tandis que les mystérieux feuillets circulent...

     

    Puissance asiatique

    Formidable Amiral YI Sun Shin

    Arrivée du 'Zagatamé'

    Les projets du KMT ?

    Une visite inattendue...

    Back in Black !

    Ô Capitaine mon Capitaine !

    Jay Yin in the bund

    HI HI HI HA !

    Le temple

    Le caporal Hosokawa débarque à Pusan (Corée sud)

     

     

     

    director.gifACTION !!

  9. Loup
    Dernier billet

    Par Loup,

    Nous vous invitons à découvrir le gagnant de notre concours de Mini AAR 2015. Dans un premier temps nous remercions tous les participants.

  10. Chapitre 3 – 1455 – 1461

     


    Conformerment avec la décision du Parlement de 1455 s'allia et conclua un mariage royal avec la Provence, dont le dirigeant était le père de la reine Marguerite d'Anjou. Cette nouvelle relation avec le comté permettait de continuer la politique du royaume d'Angleterre sur le continent, et rapprocher la reine de sa famille. La reine-régente et les provençaux espéraient aussi que cela permettrait d'éviter des agressions envers le pays, qui était toujours menacé par la France et la Bourgogne.

     


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    La Provence accepte l'alliance avec l'Angleterre

     


    Ensuite, pour mieux affirmer la puissance sur les mers de l'Angleterre, la reine ordonna la construction de trois nefs primitifs, des puissants mais coûteux navires qui permettent de maintenir l'Angleterre dans sa position d'incontestable première flotte d'Europe.

     


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    Construction de trois nefs primitifs dans les provinces d'Essex, Londres et Kent

     


    Peu de temps plus tard, suite à la mort du précédent Pape, l'un des trois cardinaux anglais fut élu Pape par le conclave. Le cardinal prit le nom de Xylitus IV. C'était, depuis le retour des papes à Rome, l'un des premiers papes ouvertement anglophiles. Grâce à son élection, le clergé et la monarchie anglaise, qui n'avaient toujours pas oublié la trahison du précédent Pape lors de la guerre de la ligue de Draguignan face à la Bourgogne, se rapprochèrent des États Pontificaux, même si la confiance envers les dirigeants de l'Église en général en Italie restait assez faible et méfiante.

     


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    Composition de la curie lors de l'élection du pape Xylitus IV

     


    En même temps, la scène politique en Europe de l'Ouest allait rapidement changer. Le duc de Bourgogne, qui était en guerre contre la deuxième coalition anti-bourguignonne depuis plus d'un an, fut forcé de signer avec celle-ci une deuxième paix, encore plus humiliante que celle avec la ligue de Draguignan. Gueldre, meneur de cette ligue, composée en majorité de petits princes du Saint Empire, avait réussi à occuper une partie considérable des territoires bourguignons. Le duc était forcé d'abandonner ses unions personnelles, libérer la Picardie, donner plus d'autonomie au Hainaut en tant qu'union personnelle et briser les liens de vassalité avec le Nivernais. Désormais, la Bourgogne était limitée au simple duché de Bourgogne et une relation assez élastique avec le Hainaut, de plus en plus autonome.

     

    La Picardie dorénavant indépendante contrôlait uniquement la province d'Artois, et était coincée, sans aucun accès à la mer, entre la France, la Flandre, le Hainaut (sous l'union avec la Bourgogne) et l'Angleterre. Et cette dernière, qui revendiquait la province d'Artois, et dont la dirigeante avait besoin de s'affirmer vis-à-vis de la noblesse, toujours prête à prendre le pouvoir ou s'agiter, fut celle qui profita de l'occasion. Si vite que Marguerite d'Anjou apprit que la Picardie était indépendante, elle déclara, sans consulter la Parlement, la guerre au comte de ce pays.

     


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    La situation précaire du petit comté de Picardie

     


    10 régiments composés d'en tout 10 000 hommes, dont 8 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie, furent vite envoyés et défirent l'armée picarde lors de la rapide bataille d'Artois ou ils affrontèrent 3 régiments ennemis.

     


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    Défaite de l'armée du comte de Picardie sur le champ de bataille d'Artois

     


    Ensuite, un siège de la forteresse d'Artois débuta. Le siège dura seulement 204 jours avant que l'Angleterre le 26 février 1456 prenne le contrôle de la totalité de la province, qui avait été pendant la durée de siège pillée par ses forces.

     


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    L'Artois, l'unique province picarde, passe sous le contrôle des anglais

     


    Après ce siège, le comte de Picardie capitula et accepta l'annexion de son comté dans le royaume d'Angleterre. Pour la reine-régente c'était une victoire diplomatique et militaire, puisque ses ennemis n'avaient pas eu le temps d'en profiter et l'Angleterre se retrouvait agrandie d'une province, qui n'était pas considérée comme légitimement la sienne encore, mais était l'une de ses revendications.

     


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    Annexion du comté, accompagnée d'un petite somme d'argent, lors du traité de paix

     


    En mars la même année l'Angleterre adopta une nouvelle technique militaire, qui normalisa l'utilisation des piques dans les armées du royaume. Désormais, cette arme, simple à fabriquer, allait, avec des modèles de la même longueur et largeur, être utilisée par la totalité des régiments d'infanterie.

     


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    Adoption de cette nouvelle stratégie militaire

     


    En janvier l'année d'après, encore un cardinal a quitté la France, cette fois-ci l'un de ceux de la province où se situait la capitale de la France Paris, l'île-de-France. Grâce au soutien ouvert du nouveau Pape, l'Angleterre dominait désormais la scène religieuse. Le roi de France, furieux de cette défection, décida de ne pas réagir, mais pour se renforcer, il attaqua à la place Nivernais, le vassal de la Bourgogne qui était désormais libre. Grâce à cette guerre, la France réussit à récupérer la province de Nevers et garder l'initiative militairement. Cela prouvait aux Anglais, que malgré la situation religieuse française, la France et son roi restaient une puissance avec laquelle il fallait compter.

     


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    Le Cardinal d'île-de-France passe à Caux avec une petite somme d'argent

     


    En mars la même année 4 nouvelles barques de commerce furent construites pour consolider la présence anglaise commerciale dans le nœud de la Manche. Avec ces navires en plus, ça allait être plus facile de protéger le commerce et rediriger les marchandises vers la Manche et Londres.

     


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    Construction des barques pour le commerce

     


    À la place payer les nobles par de l'argent, Marguerite d'Anjou décida en début février 1458 d'à la place leur octroyer le droit de collecter les taxes sur les exportations vers la Bretagne, permettant au noble de garder une partie du profit tout en accroissant les revenus royaux. Cependant, cet accord donnait plus de pouvoir aux nobles, qui contrôlaient désormais une partie des gains du royaume. Le duc de Bretagne, grand ennemi du royaume, était en tout cas satisfait.

     


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    Les licences d'exportation

     


    Puis en août, comme le Parlement de 1455 l'avait décidé, la reine-régente ordonna le recrutement de plusieurs régiments à travers le royaume, pour renforcer l'armée et mieux défendre le royaume face à des éventuels agresseurs extérieurs, ou d'éventuelles campagnes militaires.

     


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    Recrutement de nouveaux régiments

     


    La fin du mois d'octobre fut marquée par le fait que les diplomates anglais constatèrent que les souverains d'Europe considéraient désormais la province d'Artois comme légitiment anglaise et une partie intégrante du royaume. Cela ne surprit pas celle qui dirigeait le royaume au nom de son mari, car elle avait toujours considéré cette province comme historiquement anglaise.

     


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    La province d'Artois était désormais considérée come légitime

     


    Le royaume d'Angleterre était en plein milieux d'une période d'expansion urbaine grâce aux nouvelles provinces et opportunités commerciales depuis la défaite du duc de Bourgogne et le comte de Picardie. Un symbole de cette croissance était l'arrivée de nombreux serfs dans la capitale, serfs qui quittaient leurs provinces d'origines pour une vie meilleure. Londres restaient tout de même loin derrière les grandes villes européennes de l'époque d'Italie, Allemagne ou France, comme Paris ou Florence.

     


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    Londres s'agrandit petit à petit

     


    Après plusieurs années de diplomatie, accords et collaboration avec le dirigeant du duché irlandais de Connacht, qui en dehors de Munster et la province anglaise de Meath contrôlait toute l'île émeraude, ce pays accepta la suzeraineté et protection de l'Angleterre, en reconnaissant son roi, Henri, comme son suzerain.

     


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    Connacht devient un vassal anglais

     


    L'empereur d'Autriche, allié et aussi ami personnel du roi de l’Angleterre, avec qui il avait en commun des ennemis au Danemark, en France et en Bourgogne, ratifia en mai 1460, avec le soutien des membres du Saint-Empire Romain Germanique convoqués pour une diète, une réforme pour mieux centraliser l'empire et accroître la puissance de l'empereur. Ce dernier allait aussi avoir la possibilité de déclarer guerre aux états non-membres de l'empire qui détenaient des provinces en faisant partie.

     


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    La réforme de l'empire qui fut ratifiée

     


    Le 24 juin 1461, la reine-régente depuis 1448, Marguerite d'Anjou, fille du comte de Provence René d'Anjou, et femme du roi d'Angleterre Henri IV, rendu son dernier souffle, à l'âge de seulement 31 ans, à cause d'une soudaine maladie. Reine à l'âge de 15 ans, avec un mari fou, sa vie avait été difficile. La nouvelle reine-régente au nom de son père était sa jeune fille Mary, âgée de seulement 16 ans lors de son accession sur le trône. Cette nouvelle reine était depuis le plus jeune âge très doué en matière diplomatique, avec la possibilité de négocier et discuter avec habileté. Cependant, elle manquait cruellement de compétences en matière administrative, et ses conseillers doutaient déjà de ses capacités militaires. Sa sœur, Anne, était la deuxième fille du couple royal, mais était encore une jeune fille fragile lors de la mort de sa mère.

     


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    Mort subite de la reine Marguerite

     


    Le mois d'après, un nouveau drame se produisit: le roi d'Angleterre depuis 38 ans, malgré sa folie respecté par tous, mourut. Henri VI, roi d'Angleterre et de France, duc de Normandie et d'Aquitaine et seigneur d'Irlande était mort. Celle qui désormais allait être reine d'Angleterre et de France, duchesse de Normandie et d'Aquitaine et dame d'Irlande sous le nom de Mary Lancaster, décida d'immédiatement, sur conseil de ses sages conseillers de convoquer le Parlement. Une nouvelle ère pour cette assemblée débutait, pleine de défis et conflits, avec une jeune reine influençable et incertaine et des puissants seigneurs à travers non seulement le pays, mais aussi l'Europe entière. Le 4 juillet 1461 allait être une date clé pour le destin du royaume.

     


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    Situation politique lors de la mort du précédent roi Henri VI et la convocation du Parlement de 1461

     



     

    Inauguration du Parlement de 1461

     

    Notes :
    1C'est seulement 4 malgré la limite qui permet 5, car cette limite de force est à cause d'un modificateur temporaire

  11. Début décembre je suis retourné sur Eve Online et j'ai tourné une petite vidéo

     

  12. Cities Skylines : Cité de l'Année

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    Maraud
    Dernier billet

    Par Maraud,

    Pour faire plaisir aux pauvres organisateurs, je vous présente ma ville. Fait pour la période de Décembre, elle ravira le cœur de tous devant son exceptionnelle beauté. J'ai pour les biens de cette photographie exceptionnelle, utilisé un maximum de modification afin de faire plaisir à vos yeux.
    Si je gagne pas avec ça, le 1er prix qui consiste en un voyage tout frais payé dans le Cantal, c'est que le jury est corrompu:

     

    Attention, suspense! Voici:


    Tropsdemodsenmêmetemps sur monprocesseurn'arrivepasàlalancerauboutdedixminutesetàplanter
    1449947314-cities-skyline.png
    Je tenterais éventuellement une vraie ville si d'autres personnes y participe. A vos photos, les Maires!

  13. Projets - J'ai failli attendre: Avancée du concept

     

    L9jayuOm.jpg?1

     


    Bonjour! Non, le projet n'est pas abandonné. J'ai ajouté certaines choses dans ma version privée, mais rien d'assez concret pour le partager avec vous. Cependant, Paradox n'arrête pas de constamment mettre à jour, améliorer et révolutionner le jeu (notamment la carte) donc mon travail est vite rendu obsolète. C'est un peu dommage d'avoir un mod qui vit à l'heure de Stockholm et non d'Uppsala, mais bon, ce n'est pas forcement un désavantage.

    Ils ont ajouté/prévoient d'ajouter de nombreuses fonctionnalités avec un potentiel immense. Les états par exemple, qui révolutionnent le jeu avec une modifiabilité soi-disant très flexible, après reste à voir concrètement. Cependant, il y a toujours certains points où je ne suis pas d'accord ou voudrait avoir plus. C'est pour cela que j'avais annoncé ce mod, mais avec HoI4 à l’horizon et WtWSMS en chantier je me suis pas investi pleinement dans le projet. La deuxième moitié de la période EU4 est ma période d'histoire préférée, mais EU4 n'a jamais été mon jeu préféré de chez paradox. Victoria 2 et CK2 partagent cet honneur. L'un pour sa profondeur en matière de politiques domestiques, population et partis politiques, et l'autre pour sa profondeur en matière de personnages, familles, relations et successions. Ce mod va être une tentative d'inclure un peu ces aspects dans EU4 (d'une façon adaptée bien sûr).

    Rien de tout cela est nouveau pour ceux qui suivent ce sujet depuis sa création, mais j'ai une petite nouveauté concernant l'idée pour le mod: vu que des fonctionnalités clés pour le mod proviennent des DLC, je vais à priori devoir m'adapter, et en tout cas pour l'instant décider qu'au moins les DLC de Res Publica, Common Sense et celui accompagnant la 1.14 vont être requis pour pouvoir jouer le mod. C'est dommage, mais cela dit, si quelqu'un d'autre voudrait m'aider à tout adapter pour ceux qui n'ont pas les DLC ce n'est pas un problème, mais pour l'instant, du moment que je suis seul à pouvoir implémenter ces fonctionnalités ça va être le cas. Dernière note: je vais tenter de lier mon projet d'AAR avec ce mod.

    J'ai donc plusieurs fonctionnalités en vrac à regarder pour le module J'ai failli attendre et ensuite développer pour avoir des concepts à inclure dans le mod:

    • Régences
    • Révolutions, révoltes majeures et restaurations
    • Absolutisme, despotisme et constitutions
    • Catastrophes
    • Événements de la Cour
    • Développement (le système de MEIOU est plus ou moins parfait pour ceci mais je ne suis pas sûr de vouloir demander de l'utiliser)
    • Enrichissement de spéculateurs
    • Centralisation et stabilité (le système de MEIOU est parfait pour ceci mais je ne suis pas sûr de vouloir demander de l'utiliser)
    • Monarques et dynasties (encore une fois, le mod LT est parfait pour ceci mais je ne suis pas sûr de vouloir demander de l'utiliser)
    • Interaction entre les Cours (envoyer des ambassades, découverte d'espion, tension etc)
    • Espionnage (j’espère en fait que paradox va l'améliorer dans la prochaine extension pour ensuite pouvoir l'approfondir encore plus)
    • Minorités (non seulement religieuses, mais aussi culturelles)
    • Institutions du SERG (diète d'Empire, cercles impériaux etc)
    • Hanse
    • Constructions


    Pour les events rajoutant de la saveur au jeu, notamment pendant les périodes de régence, j'ai plusieurs idées
    Une nouvelle catastrophe(Coup d'Etat des Princes), qui se déclencherait pendant les régence si le régent a moins de six capacité de point(2/2/2), et qui déclencherait la révolte d'une armée de rebelles nobles sur la capitale.
    Si les nobles prennent la capitale, un event se déclenche pour te donner un bien meilleur régent, mais ta légitimité baisse énormément.
    Dans le même style, au début de la régence, on pourrait choisir entre donner la régence a un conseil désigné par l'ancien roi, la mère du Prince ou a un prince de la Proche famille du roi.
    On pourrait alors avoir des problèmes de contestation des régents(comme historiquement en France.)



    Mais ce n'est pas tout! Le nouveau carnet est vraiment excellent pour ce mod (ou pas...):

    • États
    • Factions/Groupes de la Cour/Partis du Parlement
    • États Généraux (Un système spécial pour la France avec les états généraux, puis des systèmes plus "génériques" pour les autres pays)


    À propos de ces trois derniers j'ai plein d'idées, mais pour éviter d'avoir les états et les factions en double j'ai pensé garder les deux, avec le système des états de la nouvelle extension pour représenter les différents "états" à travers le pays et les factions déjà présentes dans le jeu de base pour représenter les différentes factions de la cour.

    Pour un petit questionnaire à propos du mod, par ici!

     

    Source : %5BMOD%5D Virtus Unita Fortior

  14. Quelques décisions à prendre pour m'orienter.

  15. La première décision de Heinrich-Friedrich, après avoir regardé la situation politique européenne (Gênes a Constantinople? Vraiment? dit t-il alors), fut de rétablir le déficit assez important de la cité. Il organisa le pays pour la guerre en mettent des taxes prévus a cet effet, et réduisa la grande inflation que le pays subissait.

     

    Il fut ensuite informé que les scientifiques du pays avez fait une découverte de pointe dans la diplomatie. Alors que Aix est un des pays européens les plus avancé en terme d'administration et de diplomatie, Heinrich décide que le pays devrait se concentrer sur le militaire.

     

    Cependant, la défaite de Cleve avez ébranlé le moral des soldats, et quand les Colognais arrivèrent au portes de la cité, l'armée d'Aix fut défaite, et le siège de Aix commença. On dit que l'absence d’illustration ou de dates des Evénements précédant du mandat d'Heinrich viennent de la perte de la bibliothèque a cause des artilleries Colognaises.

     

    Ce fut heureusement la seul chose que les Colognais purent brûler car les armées Hessoises et du Munster libérèrent très vite la ville.

     

    Nos armées, dont la retraite avait amené a la Hesse, furent heureuses de cette nouvelles, et triomphèrent des armées du Oldenburg a Osnabruck, puis des armées de Cologne, à Paderborn

     

    NzmSzJR.jpg

     

    Sachant que Aix était en avance administrativement parlant, Heinrich décida d'utiliser ses ingenieurs pour améliorer le système de taxes de la cité.

     

    Apres la bataille finale de Koln face a Cologne, qui marqua la fin de la guerre Munster-Oldenburg, Heinrich reçu une demande d'aide militaire de la part de l'Autriche face a...

     

    ewn41va.jpg

     

    La Horde d'Or?????
    Citation de Heinrich avant même qu'on lui dise l'objectif de la guerre: "Genes s'est fait encore frappé."

     

    Heinrich ne fournissa que très peu d'aide durant cette guerre: il devait économisé les avancées militaires de Aix, car ces ingénieurs étaient sur le point de faire une découvertes d'une grande importance. Ce fut la dernière chose du'ils découvrirent sous la tutelle de Heinrich, celui-ci ne se fit, hélas, pas reélire.

     

    tI3BtSe.jpg

     

    (PS: j'ai tiré au D8 l'élection, comme je le fait toujours en jouant une republique: ça ajoute du piquant :D)

  16. Me voilà Roi du Dauphine, de Bavière (Guerre de Revendication) et de Germanie.

     

    gallery_24552_48_408619.jpg

     

    Dommage qu'à ma mort tout soit séparé :) mais ce qui est drôle c'est que mon héritier du Royaume de bavière et de germanie hérite juste de ces titres sans provinces

  17. Arko van Qlimax
    Dernier billet

    blog-0494088001431192836.jpgNous sommes en 2025, et la ville continue son évolution sous l'impulsion de sa dynamique équipe municipale !

    Les dernières décisions prises au Conseil commencent à voir le jour.

    [Tout d'abord évacuons le hors RP, l'autoroute de contournement de la ville de la ville a été déplacée pour un tracé plus réaliste vis-à-vis du relief (ex-montagnes russes plus ou moins marquées). l'ancien tracé apparaît en orange sur la carte qui suit]

    Réaménagement du cœur de ville avec le dégagement d'un axe majeur permettant de rallier le centre à la ZAC nouvelle par un grand axe (tracé violet - avenue 2*2 voies, avec une section éclatée en 2 voies à sens unique). Le tracé violet clair sera la continuité de ce projet pour relier le centre à l'axe centre/Grandval. Il se fera quand le besoin se fera sentir sur le volume de trafic et que le quartier concerné connaîtra une restructuration, car on ne pourra pas conserver des chemins de terre à deux pas du centre ville.

    L'ancien quartier des Hauts à en grande partie intégré au Centre-Bourg, les Hauts englobe désormais l'université et le tout nouveau Centre des sciences et le quartier attenant. Un quartier d'affaires et de centres commerciaux, qui sera à terme complété de résidentiel dense. Ce quartier changera de nom probablement.

    Le Bourg-derrière s'est vu augmenté d'un nouveau lotissement (zone verte sur la carte).

    gallery_27689_42_262407.jpg

    Vue bucolique de Bellecombe et son tout nouvel Eco-lotissement, son pont de pierre, sa mairie...

    Ce quartier résidentiel est équipé pour économiser l'eau, l'énergie, produire moins de déchets.

    La place du marché a été réaménagée pour faire face à son succès croissant.

    gallery_27689_42_274768.jpg

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    La vallée de Bellecombe et les Monts dans le lointain.

    gallery_27689_42_366028.jpg

    La nouvelle zone commerciale au sud de la ville, proche de la sortie "Diamant"

    Au loin, le village agricole d'Etival et les premier forages d'exploration pétroliers.

    gallery_27689_42_388343.jpg

    La cathédrale et le centre ville vue depuis l'autoroute

    gallery_27689_42_201619.jpg

    Le centre des sciences et son quartier en plein développement

    gallery_27689_42_267581.jpg

    Cinquestral s'étalant devant nos yeux depuis Longchamoy

    gallery_27689_42_236218.jpg

    Inauguration du métro !

    La ligne A (bleue) dessert :

    • ZAC nouvelle
    • les Hauts(nom temporaire)
    • Centre-Bourg
    • Gare centrale (correspondance train et métro B)
    • ZAC la côte
    • Valmétal 2000

    La ligne B (verte) dessert :

    • Grandval
    • Gare centrale (correspondance train et métro A)
    • Rives
    • Diamant
    • ZAC sud (nom temporaire)

    Le métro rencontre un grand succès, un peu au détriment du train pour le moment.

    Le réseau de bus devrait venir compléter bientôt ce dispositif.

    gallery_27689_42_32307.jpg

    Reste à faire :

    -l'esplanade de la cathédrale et les derniers aménagements du cœur de ville

    -mettre en place un réseau de bus avec notamment des liaisons vers les villages.

    Nous attendons sous peu les premières estimation du stock de pétrole de la plaine d'Etival.

    Le prochain (encore) et principal défi reste notre avenir énergétique, l'abandon du charbon ayant été acté au dernier conseil, tout comme un accord de principe de passer sur une base de production hydro-électrique mais aucun projet de barrage ne fait pour l'instant consensus.

    Divers mix énergétiques seront à proposer pour des besoins dans une fourchette de 300 à 400MW.

    Autre piste de réflexion, l'extension du réseau ferré pour les marchandises.

  18. Puisque la mise à jour avec l'implantation des Mesafint et Mekwanint risque d'être plus longue que prévue (y a plein de trucs à mettre en fait !), je vais vous présenter quelques aspects, histoire d'avoir vos avis dessus et de montrer que je bosse (quand même :P).

    Ce qu'il y a de présenté est susceptible de changer, les diverses éditions seront présentes sur ce billet, il pourra donc être intéressant de retourner le voir de temps en temps (ce sera généralement annoncé sur le sujet du mod).

    Faudra également que je pense à prendre des screens, c'est pas mal pour les exemples :P

    Les Mesafint et les Mekwanint :

    Les Mesafint représentent la noblesse héréditaire, généralement plus proche du Negus et avec ses ambitions propres, tandis que les Mekwanint représentent la noblesse nommée par le Negus, et lui sert de représentant dans ses provinces.

    Dans le jeu, cela se traduit par deux factions, chacune nécessitant des points administratifs pour être influencée.

    Les Mesafint symbolisent l'appui de la noblesse héréditaire, ce qui vous permet de profiter de plus de troupes, d'une cavalerie moins chère, et d'un pays plus stable, au prix d'une perte de revenus assez conséquente. Il faudra toutefois prendre en compte les exigences de la noblesse, qui est difficile à satisfaire.

    Les Mekwanint symbolisent la volonté du Negus de contrôler plus directement ses territoires, ce qui permet de diminuer plus rapidement l'autonomie des provinces, au prix d'une expansion plus difficile, montrée en jeu par une limite militaire plus basse, et un coût des troupes plus élevé.

    De nombreux events viendront perturber l'équilibre précaire entre ces deux factions, puisque les Mesafint ne resteront pas les bras croisés si vous commencez à empiéter sur leurs privilèges, tandis que les Mekwanint tenteront de gagner plus de reconnaissance.

    Par exemple, les Mekwanint peuvent vous demander de leur ouvrir le conseil, en amenant plusieurs jeunes gens semblant tout à fait compétents et loyaux. Accepter vous permettrait d'avoir un large plus choix de conseillers, tout en diminuant leur prix, mais risquerait d'énerver les Mesafint, qui pourraient réclamer l'abandon de cette pratique, et de remettre l'ancien système, qui les arrange tant.

    Il est également possible d'avoir un Mesafint demandant à remplacer un Mekwanint qui vient de décéder, dans la charge de la gestion d'une province. Refuser ne vous portera pas préjudice, les Mekwanint sont vos représentants dans vos territoires depuis toujours, mais accepter pourrait être bénéfique, ou au contraire une très mauvaise expérience, pour votre province.

    Il vous faudra porter attention à l'équilibre des forces en présence, à moins de chercher à déstabiliser le royaume, voire de déclencher une guerre civile ... Qui pourrait peut-être vous permettre d'éloigner du pouvoir une faction.

    Ainsi, lors de vos choix, vous pouvez décider d'écarter plus ou moins brutalement les Mesafint. Chacune de ces actions déstabiliserait grandement votre pays, et pousserait les Mesafint à se soulever, mais à terme il vous sera peut-être possible de les éradiquer complètement, et de pouvoir ainsi gouverner sans avoir cette noblesse héréditaire qui pose tant de problème.

  19. La Pologne sous le règne d'Elżbieta Kondeusza (1740-1783) - Seconde partie (1743-1783)

    La naissance des flottes de la Baltique et de la Mer Noire (1740-1780)

    La déclaration de la reine mit en lumière un manque flagrant au sein de l’Etat polonais : l’absence totale de flotte pour protéger les côtes. La Pologne ne possède plus de flotte hormis quelques corsaires commissionnés depuis 1643, date à laquelle les vaisseaux ayant survécu aux destructions des années précédentes ont été vendus. Ce désintérêt total pour la chose navale est dû à la combinaison de plusieurs facteurs : l’absence d’entrain de la noblesse pour la marine, les conflits principalement terrestres dans lesquels était engagée la Pologne jusqu’alors, et la relative étroitesse du littoral avant les reconquêtes des années 1700-1720. Cela change progressivement au cours du XVIIIe siècle, qui voit se développer l’idée de deux flottes dédiées à la défense des côtes. Principalement des flottes de littoral, des « eaux brunes » ou « eaux vertes » selon la terminologie contemporaine, leur rôle serait de détruire toute invasion ennemie et empêcher le blocus des ports polonais. La situation géographie de la Pologne fait qu’une flotte de haute mer présente très peu d’intérêt pour elle. La reine appuie cette idée dès les années 1740 et le mariage de sa première fille avec le roi du Danemark donne une impulsion supplémentaire au projet (voir plus loin). La flotte de la Baltique prend appui sur les villes commerciales, notamment Dantzig, qui acceptent l’idée d’une flotte polonaise à condition qu’elle protège aussi les navires de commerce. La flotte de la Mer Noire s’appuie quant à elle en partie sur les éléments cosaques, construisant traditionnellement de petites embarcations dédiées aux raids et ayant montré leur capacité de harcèlement dans la guerre de Ruthénie, ainsi que sur une flotte classique basée à Jedisa (historiquement Odessa), nouvelle ville fondée par les Cosaques à partir du village de Khadjibey dans le Yedisan, et qui voit ses infrastructures portuaires se développer au fil du siècle. Ce n’est toutefois pas avant les années 1780 que la Pologne est en mesure d’aligner un nombre suffisant de navires pour ne serait-ce que couvrir les côtes, faute de chantier navals suffisants grands et nombreux et à cause d’un manque criant d’expérience dans la construction navale. Les 8 premiers navires de ligne sont acquis en 1749 suite à un traité passé avec les Provinces-Unies en échange de tarifs douaniers préférentiels en Prusse, alors que la République investit dans trois nouveaux arsenaux près de Gdańsk, Jedisa et de Riga pour être en mesure de construire par la suite ses propres navires. En parallèle, des galères, plus petites et adaptées à la guerre dans des mers quasi fermées, sont mises en chantier. Le succès de la flotte de galères russes pendant la Grande Guerre du Nord a réhabilité ces vaisseaux autour de la Baltique, d’abord au Danemark, puis en Suède et enfin en Pologne considérablement en retard sur ses voisins. L’arsenal de Riga est terminé en 1755, celui de Gdansk en 1757 et celui de Jedisa en 1764.

    Le repeuplement de la Grande Principauté de Ruthénie

    La sécurisation de la frontière sud par l’établissement des fortins Cosaques et la sédentarisation progressive des Tatares de la région ont considérablement réduit les raids, tatars ou plus rarement kalmouks, qui ravageaient autrefois régulièrement le sud de la Grande Principauté, longtemps appelé « plaines sauvages ». Les cartes du géographe et ingénieur Guillaume Vasseur de Beauplan montraient en effet une région complètement dépeuplée.

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    Carte accompagnant la description d’Ukranie de Beauplan (1660). Le sud se situe vers le haut. On y distingue les côtes de la mer d’Azov et les plaines sauvages. Les rares lieux d’habitation longent le Dniepr. Kiev se trouve au centre de la carte, deux tiers vers le bas. Vous pouvez la trouver en King Size ici ! J'adore cette carte :D

    Les fortins cosaques et Saraï tatares forment la base d’un tissu urbain encore très léger et épars. Les routes qui les relient font l’objet de quelques investissements de la part du Trésor de la Grande Principauté. Le contrôle intégral du Dniestr, du Boug et de la quasi-totalité du Dniepr rendent également ces voies de communication fiables, sûres et utilisables. Le Dniepr, par son étendue et sa largeur devient en quelques années une artère indispensable de la République. Plusieurs projets ambitieux de canaux sont envisagés, mais seul le projet de canal Vistule-Boug-Dniepr se concrétise en 1775, alors que le Dniepr voit plusieurs nouveaux ponts l’enjamber. Jusqu’en 1748, le seul pont permettant de traverser le fleuve se trouvait à Kiev. La forteresse de Kodak, cœur de la future Elżbietagród (historiquement Ekaterinoslav/Dniepropetrovsk), se voit ainsi dotée d’un pont, imitée quelques années plus tard par le village de Krementchuk puis Zaporozhia. Ces ponts sont, tout comme celui de Kiev, temporaires et retirés l’hiver. La débâcle du Dniepr risque en effet d’emporter tout pont sur lequel il est construit et les glaces qui prennent le fleuve en cette saison le rendent facile à traverser sur la majeure partie de son cours. Tout cela contribue à un rattrapage économique spectaculaire de la région. La sécuritation du territoire permet aussi la pleine exploitation des Czarna Ziema, les Terres noires très fertiles de l’Ukraine, dont Beauplan et Conrad de Malte-Brun vantaient la qualité, le dernier écrivant que « la terre ne demande que d'être légèrement remuée » pour obtenir des rendements considérables.

    Les Lumières et la Pologne

    Dans son Esprit des Lois, Montesquieu décrit indirectement le régime politique qui lui semble le plus juste et le plus viable. Rejetant intégralement l’absolutisme de Louis XIV, concentrant de nombreux pouvoir dans les mains d’un seul, il plaide pour un système politique dans laquelle la noblesse ferait contre poids. Deux modèles guident sa réflexion : la monarchie constitutionnelle de la Grande Bretagne et la République des Trois Nations. Il note dans le premier cas le développement du parlementarisme, tandis qu’il décrit à propos de la Pologne à la fois le régime précédent les réformes Condé, qu’il qualifie de « prélude à l’anarchie », « antithèse de la monarchie absolue » donnant dans l’extrême opposé « où le pouvoir est tellement dilué et fragmenté qu’il n’existe pour ainsi dire plus », avant d’éclairer sous un jour très favorable l’équilibre atteint depuis au sein de la République et l’idéal de Liberté qui guide la noblesse du pays. Il relève néanmoins le flou existant entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif, tous deux aux mains des mêmes personnes et source d’abus potentiels.

    Voltaire, après avoir passé deux ans à Berlin, séjourne à Varsovie entre 1751 et 1753 en tant qu’invité de marque de la reine. Alors qu’il a terminé Le Siècle de Louis XIV à la cour de Frédéric II, il termine à Varsovie Micromégas. C’est d’ailleurs sa publication et sa critique de la religion qui provoque le malaise au sein du clergé polonais. Fait assez rare, tant le clergé catholique qu’orthodoxe, protestant et même musulman au sud de la Ruthénie, demande le départ du philosophe. Très vite, une partie des sénateurs séculiers se joint à la demande et rédigent une pétition à la reine, qui cède en 1753. Voltaire est congédié et sommé de quitter le pays. Ne pouvant passer par la Prusse suite à l’interdiction de territoire que lui a adressé Frédéric II, il prend la mer par Gdansk et se rend à Amsterdam, avant de poursuivre sa vie à Genève.

    Elżbieta acquiert un exemplaire de l’Encyclopédie par le biais de ses contacts en France dès 1751, dont elle fait lire certains articles à sa cour et auprès de son cercle d’amis proches. L’interdiction qui frappe l’Encyclopédie en France à partir de 1752 ne trouve pas d’écho en Pologne, malgré l’opposition farouche des Jésuites, déjà remontés en raison du déclin du catholicisme en Ruthénie. Avec la mise en place de la République des Trois Nations, Ludwik II s’était en effet engagé à complètement abandonner les affaires religieuses et réaffirmé la liberté totale de culte garantie théoriquement depuis 1572. A cause de cela, l’église uniate Gréco-catholique de Ruthénie, fondée en 1596 avec comme objectif non dissimulé de ramener les orthodoxes de la région dans l’orbite catholique romaine, perd peu à peu son influence, nombre de ses fidèles reniant peu à peu la domination romaine. Seule une petite minorité, un noyau dur en quelque sorte, persiste à suivre ce rite uniate jusqu’à nos jours. L’expulsion des Jésuite (du Portugal en 1659, de France en 1764, d’Espagne en 1767) provoque par ailleurs une grande inquiétude chez leurs homologues polonais qui, bien que jamais menacés de subir le même sort, font peu à peu profil bas et limitent leur militantisme à la cour de Varsovie, préférant ainsi limiter plutôt que perdre totalement leur appuis et leur influence. Ils sauvent ainsi leur tête, Elżbieta refusant de faire promulguer le bref de Clément XIV de 1773 supprimant la Compagnie de Jésus.

    De l’exercice du pouvoir

    Les évolutions du système politique polonais et la Guerre de Silésie ont fait de l’étendue de l’autorité royale et de celle du Sénat un sujet de débats qui s’étend sur plusieurs années et occupe les discussions des Diètes entre 1746 et 1762. La noblesse, au premier rang de laquelle les sénateurs, demandent en effet à ce que les Diètes générales se réunissent plus souvent, demandant à ce soient convoquées une fois par an au lieu d’une fois tous les quatre ans. La reine ne s’y oppose pas vu que cela améliorerait l’administration de la République, mais la logistique nécessaire à l’assemblée d’une Diète en Pologne rend cette proposition peu réaliste. A chaque Diète, les palatinats doivent en effet élire dans leurs parlements locaux deux représentants appelés nonces, en plus des sénateurs, dont le mandat n’est valable que pour la prochaine Diète générale, puis faire un rapport devant le même parlement local après la Diète générale, ce qui occupe une large partie de l’année. Il faut près de dix ans pour que les Diètes s’accordent sur une simplification de ces procédures. A partir de 1758, les nonces sont élus pour une durée de dix ans et forment une sorte de chambre basse alors que les sénateurs, nommés à vie par le roi depuis les origines de la République, forment une chambre semblable à la chambre des Lords britannique. Le parlement ainsi formé reste cependant uni en permanence, les chambres ne représentent alors pas une réalité politique, seulement une distinction dans le mode d’élection de ses membres. Les subdivisions administratives sont aussi réajustées lors de cette même diète. Les territoires de Prusse, de Silésie, de Livonie, de Courlande et d’Estonie, qui ne dépendent directement ni de la Pologne, ni de la Lituanie, ni de Ruthénie et disposaient tous d’un statut particulier, sont désormais tous traités comme des palatinats pour l’élection des nonces et des sénateurs, bien qu’ils gardent leurs législations locales.

    L’autre principal problème réside dans l’indiscipline dont on fait preuve les généraux de la République, déclenchant par la même occasion la Guerre de Silésie. Bien que celle-ci se soit achevée idéalement pour la Pologne, cette indiscipline questionne frontalement l’autorité du souverain sur ses généraux. Ceux-ci étaient largement soutenus par les autres sénateurs, sans pour autant que ces derniers ne soient suivis par la noblesse. Aussi Elżbieta espère-t-elle avec cette réforme pouvoir contrebalancer des sénateurs trop impétueux avec les membres de la chambre basse, généralement issus de la noblesse moyenne ou inférieure. La reine a également veillé à sanctionner, dans les limites de son pouvoir, lesdits généraux. Ainsi, à la mort de Józef Potocki en 1751, elle a refusé d’attribuer le grand généralat à Klemens Branicki, petit général de Pologne pendant la guerre de Silésie, lui préférant Wacław Rzewuski. De même, Michal Radziwill n’est pas promu grand général de Lituanie, Michał Józef Massalski recevant cet office dès 1744. Ainsi, à défaut de pouvoir les disgracier et leur retirer leur charge, ce qui eut été possible en cas de défaite polonaise pendant la guerre, la reine gèle néanmoins toute possibilité de promotion pour eux en les maintenant indéfiniment sous la tutelle d’un autre officier. Le message est ainsi très diplomatique mais néanmoins clair. On ne relève plus aucun cas d’insubordination au cours du règne de la souveraine – ceci étant néanmoins facilité par les années de paix.

    Mariages et succession

    La reine a trois enfants : Karl, né en 1722 mais mort à 8 ans, Ludwika-Henrietta, née en 1728 et Ludwik-Francisek, né en 1734. Henrietta est mariée à Frédéric V, roi du Danemark et de Norvège en 1743 (historiquement, c’est Louise de Hanovre, fille de George II de Grande Bretagne). Ce mariage a une portée symbolique, c’est en effet le premier mariage d’une Bourbon de Pologne hors de Pologne même et de France. Les termes de cette union incluent également des concessions mutuelles sur le trafic commercial dans la mer Baltique : une baisse des droits de douanes dans les ports des deux royaumes, la libre circulation des flottes près des côtes, l’exemption de péages pour le détroit de l’Øresund en faveur de la Pologne et des avantages commerciaux pour le Danemark sur le territoire de la République. Les deux royaumes s’engagent également à défendre la liberté de commerce dans la Baltique déclarent poursuivre des intérêts communs sur cette mer. Un accord conclu séparément quelques mois après mariage précise notamment que toute menace d’ordre naval ou commercial contre le Danemark est de fait une menace contre la Pologne et inversement, et que les deux royaumes uniront leurs flottes, que la Pologne doit encore développer à l’époque, pour y faire face. Précision utile, seule la future flotte de la Baltique est concernée. Le traité inclue également la taille minimale que la flotte polonaise s’engage à développer et traite de l’achat de certains navires et de l’envoi de spécialistes en construction navale en Pologne.

    Ludwik-Francisek est quant à lui marié en 1750 à Ludwika-Maria Poniatowska (historiquement, sœur du dernier roi de Pologne Stanislas Poniatowski). Par ce mariage, Elżbieta s’assure le soutien d’une famille anoblie au XVIIe siècle seulement, mais à l’influence croissante : les Poniatowski. La famille, proche de la très puissante famille Czartoryski, a vu ses principaux membres s’élever de la petite noblesse aux offices sénatoriaux en deux générations seulement. Le grand père de Ludwika-Maria, Francisek, était en effet titulaire d’un petit office sans grande valeur à la cour alors que son père, Stanislas, s’est vu attribuer le titre de castellan de Cracovie (premier sénateur séculier). Les frères de Ludwika-Maria s’illustrent quant à eux dans diverses charges militaires. La question de la succession ne se pose pas : bien que fille aînée, Ludwika-Maria est exclue officiellement par la Diète de 1766. Elle n’a jamais manifesté la moindre envie de régner, Elżbieta ne l’ayant pas encouragé vers cette voie de peur de froisser une partie de la noblesse du pays. Son mariage avec Frédéric V, en tant que reine consort, ferait également d’elle une reine de Pologne soumise à un autre roi, ce que la noblesse refuse catégoriquement. Ludwik-Francisek (Louis-François) est ainsi élu successeur en 1770, aucun autre prétendant ne s’étant présenté. Elżbieta, alors âgée de 68 ans, en fait de facto un corégent. Il faut donc considérer le règne de Ludwik dès le milieu des années 1770, bien que son règne ne commence officiellement qu’en 1783.

    Les historiens étudient souvent en parallèle le règne d’Elżbieta de Pologne et celui de Catherine II de Russie, poussés par le fait que les deux femmes montent sur le trône de deux grandes puissances aux portes de l’Europe à peu près à la même période. Les deux souveraines, voisines, ne se sont pourtant jamais rencontrées. Le règne d’Elżbieta, marqué par la plus longue période de paix de toute l’histoire de la Pologne, voit celle-ci rester sur son territoire, se rendant à Vilna, Kiev, Królewiec (Königsberg), Riga ou Wrocław. Son seul déplacement à l’étranger fut à Copenhague pour le mariage de sa fille. Ce règne marque ainsi une période de stabilité et de consolidation de la République. Catherine II incarne au contraire l’expansion, le dynamisme et le développement. Elle étend les frontières vers l’Asie, se défend face à l’Ukraine, donne à la Russie un accès sur la Mer Noire par ses conquêtes de la région du Don et de l’Azov. La pénétration des Lumières dans les deux Etats est semblable, menant dans les deux cas à un développement agricole et pré-industriel accéléré. On note également un renforcement progressif de l’appareil d’Etat, sous la forme d’une harmonisation de l’administration en Pologne tandis que la Russie centralise progressivement son pouvoir, notamment après la révolte de Pougatchev. Enfin, les deux pays progressent dans l’éducation de leurs sujets, avec la création d’écoles primaires et secondaires ainsi que d’éducation pour les jeunes filles nobles, sur le modèle de ce qu’a créée Madame de Maintenon au siècle passé. En Pologne, cette période est appelée la « Seconde Modernisation », la première datant des réformes de Louis Condé.

  20. Salut à tous! Pour notre septième carnet de développement de Bannerlord, nous aimerions parler un peu de nos plans pour les factions, et comment cela s'inscrit dans notre façon de penser l'évolution de Mount & Blade comme un jeu sandbox.

    Les factions de Warband étaient fondées sur les sociétés médiévales existantes. Nous avons ajouté un peu de détails dans le jeu sur leurs origines, mais nous n'avons pas essayé de créer une histoire plus importantes. La nature semi-historique sous-entend que les joueurs des factions pourront utiliser leur imagination et leur connaissance historique afin de remplir dans le détail ces sociétés et leurs propres histoires - comme nous l'avons vu dans de nombreux grands AAR.

    Un joueur qui aimait les Vikings, par exemple, aurait pu choisir de se battre pour les Nordiques, peut-être même de modéliser un personnage de guerrier Norse de fiction ou historique. Cependant, de nombreux joueurs sentaient que Mount & Blade aurait été plus immersif si les factions avait eu plus de fond, et si le jeu avait eu un crochet narratif plus saisissant émotionnellement, donc nous allons essayer de le faire tout en gardant l'esprit "sandbox".

    Une Ville Aserais:

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    Bannerlord est situé 200 ans avant Warband. Les joueurs qui ont suivi l'histoire de Warband se souviendront que Calradia était autrefois un empire, qui s'est effondré, et a été supplanté par des Etats successeurs - des confédérations tribales muté en royaume avec le temps - comme l'Empire romain d'Occident, qui a été supplanté par les Etats du Moyen Âge.

    Bannerlord vous permet de rejoindre ces royaumes montant à un stade précoce de leur développement, et il vous permet également de rejoindre l'Empire. Armes, armures, vêtements et l'architecture doivent ressembler a ce qui se faisait de 600 à 1100 après JC, plutôt que ressembler au 13ème siècle.

    Il y a les Vlandians, une tribu dont les chefs sont devenus des seigneurs féodaux, et qui sont réputés pour leurs compétences dans le domaine de la cavalerie lourde.

    Il y a les Sturgians, qui ont colonisé les forêts du nord et sont spécialisé dans le combat a pied, que se soit avec une épée ou une hache.

    Les Aserais vivent dans les marais, les déserts et les oasis du Sud, et combattent a la fois a cheval et a pied.

    Les Khuzaits, une tribu des steppes ayant conquis les cités marchandes de l’est, et qui utilisent énormément leurs archers montés.

    Les Battanians, au contraire, exploitent leurs forêts d’origine, et sont de fait très forts pour tendre des embuscades, que ce soit en arrosant l’ennemi d’une pluie de flèches, ou en chargeant à travers les arbres.

    Enfin, l’Empire a passé des générations à se perfectionner dans l’art de la guerre en utilisant des unités variées, comme des cataphractes, des lanciers organisés en formation, ou des archers, tous efficaces sur le champ de bataille.

    Une Ville Impériale:

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    Nous avons l'intention de développer plus les factions que ne le faisait Warband.

    Elles sont maintenant divisées en clans, qui ont leurs propres priorités et rivalités. Les personnalités des seigneurs ont plus de variété.

    Une nouvelle fonctionnalité qui, nous l'espérons, ajoutera une touche de couleur au jeu est l'ajout de factions mineurs :

    Des Hors la loi et des Mercenaires, basé sur des bandes historiques ou légendaires comme les Jomsvikings ou les Fianna Irlandais.

    Les Royaumes Extérieurs - ceux que les citoyens impériaux appelle "les barbares" - devraient toujours conserver cette sensation de sandbox.

    Pour l'Empire Calradien, nous abordons une approche légèrement différente.

    Peu d'événements dans l'Histoire véhiculent autant de tragédie épique que l'effondrement d'une grande puissance impériale, nous voulons donc laisser le joueur vivre cette expérience, et approcher un peu ce que représente le fait d'avoir vécu durant le déclin de Rome par exemple.

    Un déclin impérial peut être une période très déroutante, et la société est souvent moins encline à se rassembler pour faire face aux difficultés qu’à hurler contre ce qui ne va pas. Par exemple, il est normal pour les conservateurs de dire : « Nous sommes en train d’échouer car nous avons abandonné nos anciennes traditions ! Nous ne sommes plus aussi droits/disciplinés/impitoyables qu’auparavant ! »

    Mais peut-être que le problème est différent : peut-être que vous n'êtes pas devenus plus faibles, mais que ceux sont vos ennemis qui sont devenus plus forts. Peut-être aussi que votre déclin ne vient pas du changement, mais parce que justement vous n'avez pas su vous adapter assez rapidement !

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    Le dilemme de l'Empire, l'échec de ses élites dirigeantes à s'entendre sur la manière d'aborder l'équilibre changeant du pouvoir, a mené l'Empire au bord de la guerre civile. Les différentes maisons Nobles ont pris parti en fonction de leur vision politique, de leurs rivalités, ou tout simplement de l'opportunité qui s'offrait a elles. Un ensemble de quêtes semi-scénarisé au début du jeu donnera au joueur la possibilité d'en apprendre davantage sur les différentes factions, et d'avoir la chance de rencontrer des personnalités clés, et peut-être de leur donner une raison de choisir l'un ou l'autre dans le conflit à venir. Après la série de quêtes d'introduction, le jeu reviendra en sandbox complet.

    Nous espérons que notre nouveau système de quête, et nos PNJ plus développés permettront de faire émerger de nombreuses histoires à partir de ce jeu sandbox. Mais nous vous en diront plus sur ces projets dans de futurs carnets de développement !

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    Ceci est une chronique du règne d’Herman le Martel, chef de la Maison de Hauteville, par la grâce de Dieu et de Notre-Dame roi de Sicile et de Jérusalem, duc de Salerne, de Jérusalem et de Capoue, duc consort de Gênes et de Lombardie, comte de Capoue, de Naples, de Salerne, de Rouergue, de Jérusalem, d’Acre et de Farama, fils légitime de Thorsten de Hauteville et de Sibylla, reine consort de Sicile, à son petit-fils Anakin de Hauteville, héritier légitime de toutes ses possessions, sous la protection de sainte Agathe de Catane, gardienne du royaume de Sicile et de sainte Lucie de Syracuse, vierge et martyre.

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    Moi au début de mon règne

    Mon cher petit Anakin… pour que tu puisses à ton tour gouverner avec sagesse les deux royaumes qui furent confiés à notre famille, je suis l’usage ancestral de notre Maison et te fais le récit de ma vie. Je te recommande de rester toujours fidèle à notre foi catholique et à notre peuple normand, qui ont fait la puissance et la force des Hauteville.

    Je me souviens… c’était le 5 février de l’an de grâce 1184… je m’entraînais tranquillement à l’épée quand un messager m’apporta une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’était la mort de mon père. La bonne, c’était que j’étais roi. Roi de Sicile et de Jérusalem. Deux jours après la mort de père, j’étais tranquillement en train de planifier ma prochaine bataille contre le Saint Empire Romain Germanique avec pour enjeu le comté d’Ancône (oui, mon père m’avait légué une guerre coûteuse pour un seul comté). Le 10 octobre de la même année, j’arrachais triomphalement la victoire au Kaiser Baldewin, qui venait de succéder à sa féroce mère, la Kaiserin Clothilda la Noire. Je renvoyais bien vite les ruineux mercenaires engagés par mon père qui vidaient le trésor…

    Mais revenons à cette fameuse journée : je planifiais donc la prochaine bataille de la campagne déjà victorieuse héritée de Papa, quand une créature translucide émettant une lueur bleutée (enfin on voyait à travers quoi, et elle était bleue) est venue dégouliner sur mon tapis de Perse.

    - Bonjour, ou plutôt bonsoir… ah, il y a du feu, parfait.

    - Qui êtes-vous ? A moi la garde… gardes !

    - Non non, ne les appelez-pas ! il n’y a que vous qui pouvez me voir. Evitez de vous payer le trait « fou », je vous prie. Ce n’est déjà pas bien brillant comme ça…

    - Mais…

    - Je me présente : je suis la Dame de la Flaque, aussi connue sous le nom de… enfin, appelez-moi Talla, ça ira bien. Je suis votre guide. Une sorte d’ange gardien. Je fais aussi de très bons cakes, mais pas magiques. Et je promets de ne pas vous envoyer chercher des fourbis magiques débiles, du genre l’aiguille à repriser télépathique. En bref, faites ce que je vous dis, et ne parlez de moi à personne. Une consœur, la Dame du Lac, a eu les pires ennuis avec un de ses protégés qui passait tout le temps pour un dingue. Vous avez tout compris ? Parfait !

    - Gnnnn….

    - Bon, voyons ça. La situation est intéressante, mais compliquée, avec une partie des possessions en Italie, une autre outre-mer avec le royaume de Jérusalem. En gros, on a le choix entre castagner au Nord contre le SERG, à l’Est contre les Byzantins et les Mahométans. J’espère qu’il va y avoir quelques révoltes.

    Côté statistiques, vous m’avez l’air d’une sacrée demi-truffe ; qui vous a donné cet horrible et ridicule nom d’Herman ? Le martial est parfait, l’intrigue est correcte, par contre, le reste, ça oscille entre le néant et l’abyssal. Et vous êtes un lâche (j’ai heureusement découvert ma bravoure au cours de cette première guerre). Fourbe mais lâche. Bon, au moins vous avez de l’ambition, et pas de tendance dégénérée. Va falloir faire gaffe à pas vous faire mutiler en pleine bataille, hein ?

    - Hé…

    - Inutile d’espérer que les gamins tiennent de leur mère, c’est encore moins brillant. Au moins votre femme a le bon goût d’avoir des territoires intéressants (mais bien évidemment inhéritables à cause de l’autorité de la couronne du SERG). Pas comme votre mère insipide et inintéressante.

    - Hé !

    - Oui, au revoir à vous aussi.

    Je suis allée me coucher en espérant me réveiller le lendemain en m’apercevant que Talla n’était qu’un cauchemar. J’ai vite déchanté ; elle a cependant pris l’habitude de ne plus dégouliner sur mes affaires (soi-disant qu’elle déneige dans sa montagne avant de venir, quand il ne pleut pas à Paris ; ne me demande pas ce que ça veut dire).

    Sur les conseils de Talla, j’ai rapidement remarié ma mère, « pour gagner un peu de prestige et faire de la place à la cour, et puis on sait jamais quand une alliance peut être utile. » Puis je me suis mis au jardinage pour me détendre.

    Ça a beaucoup plu à Talla qui adore les plantes (autant te dire que pour la détente, avec une créature bleuâtre qui babille dans ton dos sur les mérites comparés de l’œillet du poète et le désespoir du peintre…). Enfin j’ai fait un joli labyrinthe et j’ai amélioré mon intendance (Talla m’a fait beaucoup de commentaires). Je suis aussi parti en pèlerinage en Terre Sainte, sur mes terres.

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    Le jardinage

    Un soir de 1185, je me promenais en compagnie de Raymond de Caserte, quand une dague a filé juste devant mon nez et a tué mon pauvre ami. C’étaient les Nizârites, les féroces Assassins. Sans doute en voulaient-ils au glorieux roi chrétien de Jérusalem. Talla était dans tous ses états, j’ai cru comprendre qu’elle avait de grands desseins pour moi et que l’AAR allait être raté si je mourrais après à peine un an de règne. Il n’y a pas eu d’autres tentatives, les Assassins ont dû comprendre à qui ils avaient affaire.

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    La tentative d'assassinat

    Mon frère Thorsten eu en 1186 une fille, la petite Avelina, la première née de notre dynastie sous mon règne, qui avec son frère Thorsten avait une place dans la succession.

    En effet, je n’avais qu’une fille, Ida, de mon épouse Ursula, duchesse de Gênes et de Lombardie. Après cela, la succession était dévolue à mon plus jeune frère, Thorsten, puis à son fils Thorsten le jeune, puis à Avelina. Mon frère Anselm, marié à ma vassale la duchesse de Sicile, n’avait rien trouvé de plus malin que de prononcer des vœux de chasteté et d’intégrer l’Ordre de Santiago. Tu me diras, affublé d’une femme qui l’a trompé avec l’évêque de Trapani au point d’en avoir un bâtard… Ma jeune sœur Wilmot était morte dans des circonstances… suspectes avant mon règne après avoir laissé un bâtard et un neveu qui n’était pas de mon sang. Mon autre sœur était mariée de manière fort judicieuse à un fils du Basileus, après un mariage avec le fils du roi d’Aragon… brisé par l’élévation de ce prince au rang d’évêque. Les enfants issus de ces unions n’étant pas de notre sang, je ne voulais pas les voir sur le trône.

    Cette année 1186 fut bénie par le Ciel, car mon épouse mettait un monde un petit garçon, un héritier. Talla insista pour que je l’appelle Dastan. Des fois que je veuille me lancer à la conquête de la Perse, il paraît que ça porte chance. Je m’occupais personnellement de l’éducation de Thorsten mon neveu, car mes enfants étaient encore bien jeunes, et la succession incertaine. L’année 1188, mon épouse mit au monde un petit Anquetil, pour ma plus grande joie. Ma succession était de mieux en mieux assurée. Ce fut cette année-là aussi que je me préoccupais de l’éducation de ma fille Ida, et que je commençais à surveiller les alliances potentielles. Les stupides lois du SERG interdisant à Dastan d’hériter, c’était Anquetil qui devait récupérer les terres de sa mère, et en cas de malheur, ma petite Ida.

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    Dastan

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    Hélas, en 1190, mon épouse passa de vie à trépas dans des circonstances suspectes.

    Je ne sus jamais qui en fut responsable. Sur les conseils de Talla, je me remariais vite. Mes enfants étaient encore jeunes ; le petit Anquetil n’avait pas deux ans quand il devint duc de Gênes et de Lombardie. De plus, la situation chez les Mahométans inquiétait Talla, qui me pressait d’avoir des enfants pour assurer de futures alliances en cas de conflit. Il me fallait des fils pour hériter et des filles à marier. Talla avait justement repéré une très belle opportunité en la personne de Berenguela, aînée des cinq filles de Luis II Jimena, et héritière des royaumes de Castille et de Portugal.

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    Berenguela, reine consort de Sicile et princesse héritière de Castille-Portugal

    Le père consentit à un mariage avec la prestigieuse Maison de Hauteville. La même année, ma nouvelle épouse tomba enceinte. Le 3 décembre 1190, Talla et moi virent nos pires craintes se concrétiser : les féroces Mahométans eurent l’outrecuidance de nous déclarer le Jihad avec pour enjeu les Lieux Saints. Le calife sunnite, Berkiyaruk, n’était qu’un marmot manipulé par le Démon.

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    La déclaration de guerre

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    Le risible "Calife"

    Avec bravoure, je partis à la tête de la Chrétienté repousser ces hordes impies.

    Au milieu des carnage, une grande joie me parvint de Sicile, où était restée ma chère épouse, qui me donna une petite fille, que je nommais Elise-Maria pour attirer sur nous la bénédiction de la Sainte Mère de Dieu et celle de sa sainte cousine, la bienheureuse mère de Jean le Baptiste. Cette petite princesse portait aussi mes espoirs d’asseoir ma dynastie en Espagne, si Dieu le veut. Au cours de cette guerre sans merci, j’eus à affronter diverses menaces et révoltes, dont je triomphais grâce à mon génie militaire et à la protection de Sainte Lucie. Les Infidèles étaient innombrables, mais Christ était avec nous dans la bataille, et la Vierge sut réveiller le cœur des Fidèles : même les Byzantins hérétiques honorèrent notre alliance et sa battirent à nos côtés.

    Preuve de la bienveillance divine, Berenguela me donna une autre fille, Espérance. Pour mon plus grand chagrin, le malheur frappa le 20 octobre 1193, et Anquetil mourut à l’âge de cinq ans d’une terrible maladie. J’eus la bonne surprise de voir le comté de Naples se civiliser et devenir Normand. Préoccupé par la guerre, je n’avais pu songer à fiancer ma fille chérie, Ida, qui devint à l’âge de 13 ans duchesse de Gênes et de Lombardie, et vassale du Kaiser. Désormais, l’héritage italien de ma défunte épouse reposait sur ses jeunes épaules, et sur sa capacité à survivre aux tentatives de meurtres de la part de sa « famille » maternelle, véritable nichée de vautours. Bonne intendante, mon Ida était une piètre intrigante à cette époque.

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    Mon fils Anquetil, duc de Gênes et de Lombardie, un peu avant sa mort

    Ce rappel me poussa à chercher une bonne alliance pour mon héritier, Dastan. Mon choix se porta sur la jolie Sophie Wirgeriche, âgée de sept ans de plus que ton père. Fille aînée du duc Buchard de Lotharingie et de la comtesse Friedrica de Nassau, elle n’avait qu’un jeune frère qui s’interposait entre elle et son héritage. Elle était de plus la nièce du roi Günther de Bohême, qui avait le duc son frère pour héritier, faute de descendance. Mais la principale raison de mon choix fut son génie qui faisait d’elle une reine prometteuse.

    Je fus tiré de mon deuil par la guerre et la naissance de mon fils Hélas, qui assurait mon épouse et ma lignée dans l’héritage espagnol. Autre signe de la faveur divine, un prêtre me donna une sainte relique en l’an de grâce 1195. L’année suivante, j’eus la joie de voir que ma fille Ida avait bien profité des leçons de son tuteur : elle était devenue une bonne intendante, une intrigante avertie, fourbe et paranoïaque, et avait épousé matrilinéairement l’héritier du duché de Lorraine, en succession par ancienneté. Même si les enfants n’héritaient pas directement, une revendication pouvait toujours être soutenue. En tout état de cause, une alliance au sein du SERG pouvait toujours servir.

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    Une des nombreuses révoltes que j'ai du écraser pendant l'attaque mahométane

    Le 29 janvier 1196, malgré les révoltes paysannes, malgré les aventuriers, malgré leur supériorité numérique, je renvoyais les hordes mahométanes dans l’Enfer d’où elles étaient sorties !

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    Te Deum laudamus, te Dominum confitemur. Te aeternum Patrem, omnis terra veneratur…

    Contraints à la capitulation, les Infidèles retournèrent à leur décadence et durent reconnaître que leur pathétique prophète ne pouvait rien face à la protection de Sainte Lucie et de Sainte Agathe. Fort du soutien de la Sainte Mère de Dieu, je décidais qu’il était temps de donner une leçon aux Infidèles chiites. Profitant de la présence de mes troupes levées en masse, les ordres saints à mes côtés, je déferlais sur le Sinaï et libérais la terre foulée par Moïse et Israël de l’emprise impie. Signe que Dieu m’approuvait, mon épouse m’annonça qu’elle attendait un autre enfant.

    L’abominable Calife Nasir II se rendit après une demi-année d’une guerre foudroyante, sans avoir eu le temps de rassembler ses troupes. Avec sagesse, Talla et moi convînmes qu’il faudrait renflouer mes caisses en prévision d’une prochaine guerre diabolique contre les Mahométans. Aussi créé-je la République du Sinaï, chargée de payer moults impôts. Cette année 1197 était vraiment bénie : ma fille Ida enfanta Gérard de Hauteville, mon premier petit-fils, perpétuant ainsi notre héritage germanique, et mon épouse mit au monde Roscelin, nouvel héritier présomptif des doubles couronnes de Castille-Portugal et de Sicile-Jérusalem.

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    Mon Ida, mariée

    Profitant d’une paix bien méritée, je lançais de vastes programmes de construction dans mes provinces, avant de lancer une petite guerre pour soutenir la revendication que mon chancelier avait enfin réussi à me fabriquer. En 1201, alors que j’étais à deux doigts de devenir le comte de Piombino, l’abominable calife Nasir III, chiite de son état, prouva sa nature démoniaque en tentant dès sa première année de vie de ravir le Saint-Sépulcre à la Vraie Foi. Une nouvelle fois, je me fis champion de la Chrétienté et partais anéantir les hordes mahométanes. Christ, le pape et le Basileus (mon or aidant) furent à mes côtés. De l’Espagne à la Hongrie, mes fidèles alliés se rallièrent à la Sainte-Croix.

    L’an 1202 vit la majorité de mon fils Dastan, ton père, brillant stratège, intendant et intrigant passable, peu porté sur la diplomatie et les lettres. Son mariage fut conclu avec ta charmante mère, brillante intendante, érudite, portée sur les armes autant que sur l’intrigue. L’année suivante, mon chagrin de voir mourir mon épouse, de santé fragile, fut compensé par la défaite des Mahométans, qui avaient fait preuve d’une stupidité sans pareille dans leur stratégie militaire.

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    Ta mère Sophie, peu avant son mariage

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    Ton père Dastan, peu avant son mariage

    Mon petit Hélas devenu l’héritier des couronnes de Castille et de Portugal, je me remariais avec la géniale Bodil, fille d’un petit baron danois. Fauchée à l’âge de 21 ans par une grave maladie, elle ne m’avait donné aucun enfant. Nous nous étions tendrement aimés.

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    Ma bien aimée Bodil, qui aimait la chasse et l'équitation

    L’an 1205, j’eus la très grande joie de voir naître ton frère aîné, bien qu’un peu déçu qu’il n’ait pas hérité du génie de ta mère. Talla insista pour que je le nomme « Dark-Vador ». J’ignore quel à quel saint cela fait référence, mais il paraît qu’il a « fait carrière ». La même année, je me mariais avec la seule épouse à peu près convenable que je pouvais trouver (il y avait pénurie de princesses et de filles de duc). Mon épouse devint très rapidement syphilitique et folle. Je pensais que cela allait finir comme Bodil, la précédente : un nouveau veuvage à court terme, après une union stérile. Peu après mon mariage, Hélas partit pour la cour de Castille, roi à 11 ans après la mort de son grand-père maternel.

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    Mon fils Hélas, ton oncle

    A ma grande surprise, mon épouse Héloise était toujours vivante deux ans plus tard et mit même au monde un petit Lucas (je fus intraitable vis-à-vis de la Dame de la Flaque : cette nomination votive était destinée à demander à demander à Luc l’Evangéliste, médecin, la guérison de mon épouse). Profitant de la première révolte qui secouait le SERG depuis mon accession au trône, je décidais de déposer l’antipape nommé par le Kaiser impie en 1207, et qui affaiblissait l’autorité morale de notre religion catholique.

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    Héloise la Folle,la plus insupportable de mes épouses et la seule dont je me suis débarrassé.

    Le 14 février 1208, pour ma plus grande joie et celle de ton père, tu naquis. Talla insista à nouveau pour qu’on t’appelle Anakin. Il paraît que ça te promet une belle destinée. Deux ans plus tard, je mettais fin à cette ridicule histoire d’anti-papauté. Et l’abominable Kaiser récidiva.

    En 1212, mon épouse mit au monde un nouveau fils, le prince Arko, enfant maladif ; sa mère toujours aussi folle et syphilitique semblait bien résister à la maladie. La même année mon beau-fils Rudolf, duc de Lorraine, laissait ma fille Ida veuve suite à son décès (pour causes naturelles). De leur union étaient nés trois filles et trois garçons, introduisant dans la famille des revendications au trône ducal de Lorraine et assurant notre héritage germain. A ma plus grande fureur cependant, je m’aperçus qu’Ida avait trahi son héritage pour devenir… italienne ! De rage, j’écrasais une éphémère révolte menée par le duc de Sardaigne-Sicile, qui y laissa son duché de Sicile. Soi-disant que l’autorité de la Couronne était trop élevée à son goût. Ma petite Elise-Maria mourut cette l’année suivante de la variole, sans enfant. Son veuf, un Doukas, avait de bonnes chances d’hériter à terme de l’Empire Byzantin.

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    Arko, mon bébé si fragile...

    Le pape trouva à redire aux lois de mon royaume, moi qui était le descendant direct de Marie de Hauteville, reine de Sicile et fondatrice du royaume de Jérusalem, gardien des Lieux Saints et le premier de ma lignée depuis Marie à étendre le royaume dans les terres infidèles, moi qui avait repoussé par deux fois les coalitions mahométanes. Il me déniait le droit de nommer les évêques de mon royaume. Heureusement, nous trouvâmes un arrangement et une donation l’assura de ma piété. Cette triste année 1213 vit la mort de ton malheureux frère, Dark-Vador, dans un tragique accident. Tu es donc devenu le second dans la ligne de succession. La même année, le pape décida de lancer un croisade contre la Lithuanie païenne. Encore offensé par son exigence injuste, et décidant que ferais mieux de porter le deuil que d’aller faire la guerre dans les confins du monde païen, je restais chez moi. Talla m’approuva en ajoutant que si les Mahométans déferlaient à nouveau sur les lieux saints, c’est moi qui irait au casse-pipe.

    Un homme marié à une folle siphyllitique a bien le droit de s’amuser un peu. Ah Maud, Maud, quelles nuits… Hum.

    En février 1215, on m’a raconté des belles histoires sur un souverain du lointain Orient se préparant à marcher à tête de millions de soldats vers l’Occident. Un peu plus tard, après ta sœur Adele naissait ton jeune frère, Bilbon (devine qui a trouvé le nom ?). Ce fut aussi la période au cours de laquelle mourut la duchesse Amalie de Ferrare, épouse de mon fils Roscelin, à l’âge de seulement 17 ans. Elle laissait un fragile héritier, un petit Herman de Hauteville, qui permettrait peut-être à notre lignée de s’implanter davantage dans la partie Italienne du SERG. En guise de compensation, mon épouse mit au monde ma petite Fressenda. Cela ne la rendait pas moins insupportable, et je décidais enfin de finir le travail de la syphilis. Vite dit vite fait, je planifiais ni vu ni connu une attaque de bandits. J’avais en vue une jeune Eleanor, fille d’un baron anglais, dotée du trait génie, et sans prédisposition à la folie.

    Le 31 décembre 1218, ton pauvre père Dastan mourut de pneumonie, faisant de toi mon héritier. Ta mère inconsolable regagna la cour de son père. Je me consacrais à l’éducation des enfants de ma famille, à la recherche de fructueuses alliances, à la construction des villes de mes royaumes et au remplissage de mes caisses. Car je savais que le fléau mahométan avait le sommeil léger… Je ne m’attendais cependant pas à entendre les nouvelles qui me sont parvenues : des armées innombrables, composées de cavaliers, déferlaient sur l’Orient du monde connu. Peut-être Christ envoie-t-il un châtiment aux Infidèles ?

    Peu après la mort de ton père, son épouse mit au monde des jumelles posthumes, dont une, Mabel, affligée de consanguinité. Ta sœur Yolanda est, quant à elle et grâce à Dieu, bien allante. Peu de temps après, la croisade en Lituanie échoua lamentablement, ce qui n’est pas étonnant puisque je n’y étais pas, ni le SERG d’ailleurs, à cause de son maudit antipape. Je ne le répèterai jamais assez, les païens sont loin, ce sont les Mahométans à nos frontières qui sont dangereux.

    An de grâce 1223 ! Gloire à Dieu, mon chancelier m’a fabriqué une revendication sur l’île de Venise. J’y vis l’occasion de fonder une autre République et d’y installer notre famille. Cette année fut aussi tristement marquée par le décès de mon fils Roscelin (lui aussi de pneumonie), qui s’était remarié de son propre chef avec une femme d’environ 40 ans et tristement inintéressante. Mon petit-fils Herman, duc de Ferrare, était désormais bien seul.

    L’année 1224, je n’ai pas besoin de te le rappeler, fut pour ma plus grande joie celle de ta majorité et de ton mariage avec Amalberga di Este, fille d’un baron allemand. Oh certes, elle n’était pas issue d’une grande famille, mais son génie, sa sociabilité et son zeste de fourberie en faisaient une reine en devenir. Aucune héritière n’avait plus à offrir que cette jeune femme ; vous formiez un bien joli couple, car toi aussi tu avais profité de ton éducation chez mon parent et vassal, le comte Gerald de Tarente, connu pour être le plus brillant homme de mon royaume.

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    Ton épouse et ton fils aîné, Vador...

    J’ai décidé de marier mon fils Lucas à la duchesse de Nicée, pour faire souche dans l’Empire Byzantin. Peut-être pourrons-nous placer notre dynastie sur le trône impérial en y implantant la maison Hauteville… Aucune alliance plus prestigieuse ne s’offrait à moi.

    L’an de grâce 1225 fut aussi pour moi source de grande réjouissance : il me naquit une fille, Matilda-Eleanor, qui hérita du génie de mon épouse Eleanor ! Quelques semaines après cette naissance, ton épouse nous annonça qu’elle était enceinte du petit Vador, qui paraissait bien faible à sa naissance. Je priais Saint Luc pour qu’il ne connaisse pas le destin tragique de son oncle.

    Après la défaite de Venise, notre parente et alliée la reine de Croatie (j’avais envisagé de vous fiancer) s’empara des vestiges de la défunte République au cours d’une guerre rapide où notre participation fut sollicitée mais pas nécessaire. Las ! Matilda-Eleanor succomba tragiquement à une pneumonie, fléau de notre famille.

    L’année 1228 fut riche en évènements familiaux : la naissance de ton petit Anakin, nouvel héritier présomptif, la mort de ma gourde de fille, Ida, devenue scandaleusement italienne avec sa lignée, la naissance de ma benjamine, Matilde, et la majorité de mon fils Arko, que je mariais à la fille du duc d’Itil, dans le royaume lointain des Coumans. Elle avait hérité du génie de son père (comme deux de ses frères d’ailleurs). Sait-on jamais ?

    Ayant hérité d’une revendication forte sur le comté de Rouergue, dans le Royaume d’Aquitaine, je décidais de la soutenir. D’abord parce que je n’avais rien à faire, et ensuite parce que « la terre, c’est bien ». Tu en feras ce que tu voudras. Alors que je gagnais cette guerre, une révolte s’est déclenchée dans mes terres italiennes. Elle ne durera que le temps de rapatrier mes troupes.

    6 octobre de l’an de grâce 1228. J’ai à mon tour attrapé une pneumonie qui m’épuise chaque jour un peu plus. Je sens venir ma fin (Talla me dit que non, mais c’est la première fois qu’elle me rend visite avec des vêtements secs ; elle me parle d’un traitement à base de moisissures).

    J’ai étendu le Royaume de Jérusalem jusqu’au Sinaï. J’ai un peu agrandi nos possessions en Italie. J’ai développé, autant que possible, les provinces que je détiens en propre. J’ai créé deux Républiques, dans le Sinaï et à Venise, dont une est aux mains de notre dynastie. Je te laisse le soin de mater une petite révolte en Italie, rien de bien méchant. Je te lègue aussi assez d’or pour corrompre tes vassaux. Oh, je sais bien que je n’ai pas fait de grandes conquêtes, mais j’ai soutenu deux Djihads, et je te lègue intact ce que j’ai reçu de nos ancêtres.

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    Une carte de nos possessions

    Si tu le veux, tu peux essayer de récupérer les possessions de notre famille au sein du SERG, ce ne sont pas les prétendants dynastiques qui manquent. Il y a aussi l’opportunité de se faire élire sur le trône de Byzance. Si tu veux batailler pour Christ, les terres mahométanes s’ouvrent à toi. Enfin, notre dynastie est implantée en Hongrie (où elle a renié ses origines), et en Croatie, où l’aristocratie est devenue normande. Néanmoins, la reine et son héritière ont eu le tort de ne pas se marier matrilinéairement. Mets-y bon ordre si tu peux. Enfin, l’Espagne nous est ouverte grâce à la double couronne de Castille-Portugal détenue par ton parent Gonzalo (un Castillan).

    Cher petit Anakin, à l’âge de 21 ans, te voici un homme remarquable, père de deux beaux garçons, et doté d’une épouse plus que charmante. J’ai pleine confiance en toi. Je te confie à la garde de Notre-Dame des Victoires, de Notre-Dame de Hauteville, et des Saintes Lucie et Agathe.

    Herman le Martel est mort tragiquement des suites de sa pneumonie, le 23 février 1229, à l’âge de 75 ans, après 45 ans de règne.